Voici le premier album du groupe Alabama Shakes, « Boys and girls », sorti hier. Un quatuor originaire de Athens, dans l’Alabama, et selon vous cela s’entend.

Lorsque vous avez grandi comme les membres du groupe Alabama Shakes à quelques encablures des mythiques studios de Muscle Shoals où la divine Aretha Franklin a signé quelques uns de ses plus grands enregistrements, il en reste toujours quelque chose.

Extrait de « You ain’t alone »

Le son de Alabama Shakes est gras, ancré dans la glaise, on y sent l’humidité, celle de la soul des pionniers. Leur musique a les pieds dans la terre où l’histoire du rhythm’ and blues est née, mais la tête dans les étoiles, grâce à la voix de la chanteuse d’Alabama Shakes, Britanny Howard qui semble venue de la galaxie où repose les dieux et déesses de la musique de l’âme.

Extrait de « Boys and girls »

En ces temps de recyclage permanent, de perte de repères et de dématérialisation de la musique, on sent poindre ce besoin vital de réincarnation. Comme si la peur d’une amnésie collective était battue en brèche par cette nécessité de reprendre pied avec une histoire, son histoire…

Extrait de « I found you »

Les quatre membres d’Alabama Shakes se sont rencontrés au lycée. Dans leur petite ville, rien à faire à part de la musique. Alors quand est venu l’âge d’entrer dans la vie active, les petits boulots déterminent vite que la vie est ailleurs. Le guitariste est peintre en bâtiment, le batteur est vendeur dans le seul magasin d’instruments de musique de la ville, la chanteuse est factrice. Le besoin de jouer et chanter est plus fort que tout, et une fois le stock des reprises de standard éclusé, le groupe opère une fusion entre les racines du blues et le garage rock.

Extrait de « Hold on »

Le groupe Alabama Shakes porte décidément bien son nom. Le lieu dit de la soul sudiste qui secoue la tête et les jambes.

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