Ce matin, vous nous présentez le nouvel album de Keny Arkana, 30 ans, rappeuse originaire de Marseille qui refuse toujours d’apparaître à la télévision et à la radio et qui est pourtant déjà dans les meilleures ventes de cette fin d’année.

Keny Arkana le dit haut et fort : « je ne suis pas rappeuse, mais une contestataire qui fait du rap ». C’est surtout un esprit libre, titre de l’un de ses plus beaux plaidoyers, extrait de son nouveau disque.

Extrait de « Esprits libres »

C’est une femme libre, qui depuis ses débuts fracassants, n’a jamais dévié de sa ligne de conduite. Intransigeance vis-à-vis des médias, Keny Arkana estime que tout est dit dans ses rimes. Nul besoin d’aller vendre ce qui est déjà exprimé dans ses textes, nés dans le sang de l’urgence. Elle exprime sa peur d’être prisonnière d’une image de combattante. Les héros qui luttent pour la cause du peuple ne peuvent pas être postérisés, finir en effigie sur les t-shirts ou en modèle de la rébellion médiatique. C’est donc à l’écart de la médiatisation que sa rage et son combat s’expriment pour parvenir à une certaine forme de désobéissance civile. Pour Keny Arkana, difficile d’avoir un pied dans la révolution et un autre dans le spectacle.

Extrait de « Entre les lignes 1 : Car nous sommes le monde »

Keny Arkana a fait évoluer son rap. Plus riche musicalement, il porte un style qui ne se résume pas à l’efficacité de la rime, aux allitérations faciles. La plume de la rappeuse cherche le ton juste. Frontal dans sa vérité, il évite aussi la posture d’une femme qui veut rivaliser avec le bling bling du rap masculin.

Extrait de « Entre les lignes 2 : 20.12 »

Keny Arkana n’oublie pas non plus d’où elle vient. Elle rend hommage à sa ville, Marseille, future capitale européenne de la culture menacée d’amnésie et complice du paraître culturel alors que persistent toujours les règlements de comptes à l’arme lourde.

Extrait de « Capitale de la rupture »

Keny Arkana ne se situe pas dans un registre exclusivement professionnel. Elle rappe pour exorciser ses souffrances et ses révoltes. Un rap carpe diem en quelque sorte. Le jour où le monde ira mieux, Keny Arkana jure qu’elle ira volontiers cultiver son jardin. Une vraie voltairienne.

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