L’album de Jonathan Wilson est sorti à l’automne dernier et mérite qu’on y revienne à l’occasion de quelques concerts qu’il donnera en France, notamment ce soir à Strasbourg, et dimanche, à Paris au divan du monde.

C’est ce qui s’appelle un rattrapage bienvenu. Il suffit en effet de mettre le disque dans la platine pour être subitement plongé dans l’univers contemplatif d’un musicien hors du temps qui prend son temps. Jonathan Wilson est sûrement dans le courant exponentiel qui caractérise le retour au folk rock l’un de ses représentants les plus touchant et le plus accompli musicalement.

Extrait de « Gentle spirit »

Jonathan Wilson, originaire de Forest City en Caroline du Nord reconnait avoir profité de l’influence de son père qui fut guitariste d’un groupe de rock. A onze ans, il donne ses premiers concerts. La musique sera son école de la vie. Elle lui offre l’occasion de renouer avec une époque mythique de la musique californienne, qui avait trouvé son berceau de naissance et d’identité du coté de Laurel Canyon, paradis aujourd’hui perdu des musiciens comme Jimmy Hendrix, Franck Zappa, ou David Crosby. Jonathan Wilson sans pour autant être épris d’une nostalgie pathologique confesse que cet environnement historique a su influencer ses compostions naturalistes.

Extrait de « Natural Rhapsody »

Les morceaux de Jonathan Wilson sont d’une subtile fluidité, libres dans leur structure, s’étirant souvent dans de jolis détours instrumentaux atmosphériques et boisés où l’on sent confusément la magie d’une prise de son analogique avec des amplis à lampe, qui redonnent une richesse au son dont nous perdons le sens et la vitalité un peu plus chaque jour avec le format de compression MP3.

Extrait de « Can we really party today »

Dans le contexte d’une volonté de plus en plus forte d’un retour aux sources à la musique folk rock de la fin des années 60 et du début des années 70, Jonathan Wilson réussit à nous embarquer dans sa mythologie personnelle sans nous donner pourtant le vif regret de ne pas avoir connu cet âge d’or. C’est la combinaison idéale pour devenir un classique.

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