Ce matin, vous nous présentez un artiste Benjamin Clementine que l’on a déjà entendu sur France Inter dans la programmation musicale, et qui chaque fois qu’il est invité à chanter dans les émissions ici crée une vague d’émotion assez rare…

Les passages de Benjamin Clementine en direct dans « Ouvert la nuit » ou dans « Le grand live d’Inter » resteront des grands moments. Car le garçon sait faire de chacune de ses prestations, un instant unique. En cela, il me fait vraiment penser à Nina Simone. La même façon de jouer, comme si l’improvisation du moment guidait des mélodies tenues. Avec une intense intériorité extériorisée de façon presque dangereuse.

Extrait de « I won’t complain »

Pour l’heure, sort un premier EP trois titres qui occupent tout l’espace. Benjamin Clementine, auteur-compositeur, chanteur et pianiste de nationalité anglaise et d’origine ghanéenne s’est fait repérer dans le métro parisien, sur la ligne 2 par Matthieu Gazier du label Ekler’o’Shock. C’est parce qu’il ne pouvait plus payer sa chambre d’hôtel qu’il s’est mis à chanter à la sortie du métro place de Clichy. Le voilà aujourd’hui qui bouscule, intrigue et séduit avec son jeu de piano cardiaque, presque martial et cette diction parfaite qui fait que même si l’on ne saisit pas toutes les subtilités de la langue de Shakespeare on comprend confusément ce qu’il nous chante. Une vie parfois douloureuse, des souvenirs mystérieux, une impression de sauvagerie indomptée.

Extrait de « London »

Issu d’une famille originaire à la fois du Ghana, du Liberia et d’Angola, Benjamin Clementine a d’abord été influencé par le hip-hop et la soul. Aujourd’hui il confie être aimanté par la musique de chambre et les performances vocales de Pavarotti qu’il essayait d’imiter lorsqu’il était plus jeune. Et lorsqu’on le découvre en live, on est impressionné de découvrir une maîtrise vocale imparable. Maîtrise qui semble dictée uniquement par ses émotions qui elles ne se maîtrisent pas. Cela donne une curieuse alchimie. Un va-et-vient entre perfection et fragilité qui laisse songeur…

Extrait de « Cornerstone »

Pour l’heure, difficile d’en savoir beaucoup plus sur Benjamin Clementine. Trois chansons comme autant de révélations d’un seul et même chanteur, doué en plus d’un charisme affolant. Il vient d’être signé chez Barclay mais il ne faudra jamais oublier son label d’origine : « Behind » dont ce fut la première signature. Un coup de maître !

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