Quelques soient les circonstances, heureuses ou tristes que cette ville évoque, la première chose que l’on apprend de ses amis qui ont vécu ici et qui suscite l’incompréhension de l’étranger c’est qu’ils donnent un diminutif à leur Besançon.

Extrait de Aldebert « Bezac »

Aldebert, né à Besançon, a su provoquer un joli raffus (expression franc-comtoise) jusqu’à Paris grâce à quelques bonnes chansons qui lui ont permis de remplir sa gouayote (expression franc-comtoise) qui signifie petite bourse. Besançon reste fidèle à sa devise moyenâgeuse « Comtois rend toi, que nenni ma foi », illustré par le conflit emblématique de l’horlogerie Lip en 1973. Jacques Bertin chansonnier un peu oublié viendra chanter dans les usines et soutenir les grévistes en lutte…

Extrait de « Besançon » par Jacques Bertin

Il y a aussi encore les amis venant de Besançon qui ont des noms marrants comme petit Huguenin, ça ne s’invente pas, parler du cheni comme d’une fierté linguistique alors que cela ne désigne finalement que la poussière. Un autre chanteur dont les premières démos furent enregistrées à Besançon déplore que sa ville natale, si belle soit elle, n’ait pas su retenir ses frères lumières, ou son Victor Hugo qui nous enseigna que Besançon fut espagnole. N’est il pas le lot parfois injuste de ces villes françaises qui voient leurs talents s’en aller à la capitale car ils ont meilleur temps (expression typiquement franc-comtoise) pour réussir, de céder aux mirages de la ville des lumières.

Extrait d’Alex Beaupain « Quitter la ville »

D’Alex Beaupain, à Pascal Mathieu, en passant par le cirque Plume jusqu’à Hubert Félix Thiéfaine originaire de Dôle mais qui a vécu à Bezak et qui a fait une vraie promotion pour la cancoillotte, Besançon est une ville qui a toujours eu le cœur à gauche et qui a enfanté des enfants à son image. Pour boucler la boucle, revenons à Aldebert le bisontin qui sort ces jours ci un album avec une chanson assez formidable

Extrait de « un foot sous Chirac »

Alors, même s’il fait ici souvent cru (expression franc comtoise) pour signifier qu’il fait froid, on doit se le dire. Cette ville a naturellement le monopole du cœur. « Où flotte le drapeau comtois, qui que tu sois, tu es chez toi »

Aldebert Besançon
Aldebert Besançon © marie_astier

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