Vous nous faites découvrir Lucas Santtana, 41 ans, artiste brésilien, né à Salvador de Bahia et qui signe avec son nouveau disque une œuvre foisonnante. Celle d’un guitariste épris de samples symphoniques.

« Le Dieu qui détruit mais guérit aussi ». C’est le titre de cet album écrit et composé en deux mois, inspiré par une séparation amoureuse douloureuse pendant la plus grosse tempête que Rio ait connue. Lucas Santtana se souvient de cet orage cataclysmique, contraignant toute la ville à l’arrêt, certaines rues engluées dans la boue, un scénario catastrophe filmé par les gens avec leurs mobiles. C’est cette situation mémorable qu’il met en parallèle avec la fin de son mariage et qui lui donne alors toute l’impulsion pour écrire la chanson qui ouvre le disque.

Extrait de « O Deus Que Devasta Mas Também Cura »

Lucas Santtana est un vrai moderne, qui aime sampler puis malaxer les textures sonores pour produire une nouvelle matière musicale apatride. C’est pourtant la musique brésilienne, ou plutôt toutes les musiques du Brésil auxquelles Lucas Santtana rend hommage. Notamment à travers cette reprise de Tom Zé, l’un des principaux architectes du courant tropicaliste qu’il s’amuse à confronter à Beethoven.

Extrait de « Musico »

Lucas Santtana fut sensibilisé très jeune à toutes les musiques grâce à un ami anthropologue qui ramenait de ses voyages des cassettes de Maceo Parker, de l’afro beat, du Pierre Schaeffer, des enregistrements des pygmées du Gabon ou des chœurs bulgares. Dans ce nouvel album, Lucas Santtana fait la même chose avec son propre grenier musical. Il réussit à faire de son addiction pour les jeux vidéo une chanson toxique qui peut faire croire qu’il parle d’une nuit de sexe et de drogue. Pour laquelle il opère la rencontre entre les sons nostalgiques d’une console Atari et ceux plus académiques, d’un quatuor de Ravel.

Extrait de « Jogos Madrugais »

Lucas Santtana rend autant hommage à son adolescence à Bahia, passée à écouter des œuvres symphoniques qu’à son immersion dans la modernité des cariocas à comprendre le sens des nouveaux sons de la musique des ghettos qui eux aussi ont fini par se globaliser. Il se pourrait aussi que nous ayons beaucoup à apprendre de ce disque qui sait ce qu’exception culturelle veut dire.

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