Aujourd’hui sort le troisième album de la chanteuse Emily Loizeau. Il s’intitule « Mothers and tigers ». Elle y chante 18 nouvelles chansons en deux langues, fidèle à sa double origine. Française par son père, anglaise par sa mère.

« A l’origine ». Aux sources d’Emily Loizeau. Il n’est presque finalement question que de racines dans ce disque ultra copieux qui réveille les souvenirs précieux de son enfance, submergeant la réalité d’une maman bousculée par des questionnements intimes. Elle se replonge ainsi dans la lecture de William Blake, poète anglais du XVIIIème siècle dont elle adapte et s’inspire, notamment pour rendre hommage à la chanteuse Lhasa.

Extrait de « Tyger »

Emily Loizeau vit désormais retirée dans une maison en Ardèche, exprimant ce besoin d’engager une relation charnelle avec une terre où les éléments sont chargés. C’est au contact de l’horloge biologique de cette contrée sans concession qu’elle a puisé son énergie créatrice. Inconsciemment, à l’écoute de l’album on saisit son environnement presque Rousseauiste. Cette transparence des cœurs qui surgit de l’eau glacée des sources, de la rudesse des cailloux, de la force du vent, ou du murmure des insectes. Cette intimité extrême qui lui suggère une chanson dédiée à sa fille.

Extrait de « Parce que mon rire a la couleur du vent »

Emily Loizeau loin du tumulte du monde, n’en n’oublie pas pour autant ses fracas. Elle écrit une chanson inspirée d’un documentaire réalisé par sa sœur Manon Loizeau au retour de Syrie.

Extrait de « Vole le chagrin des oiseaux »

Emily Loizeau en disciple de la lenteur y a tout de même perdu une partie de son énergie vibrante. Il faut du temps pour accepter ce mouvement naturel vers ce minimalisme parfois très beau.

Extrait de « Two enveloppes »

Ce nouvel album est globalement à contre temps d’une époque où la vitesse gouverne tout. Y compris notre capacité à absorber la musique. Emily Loizeau dans son livret remercie l’Ardèche et les Cévennes, pour son schiste intact et inviolé. Son album sonne comme une quête de la virginité créatrice.

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