Vous nous présentez Odezenne, un groupe de rap originaire de Bordeaux qui publiait voilà déjà un an, son deuxième album intitulé « OVNI », et qui ce mois-ci, le réédite dans une version largement augmentée, qu’ils ont baptisé « Louis XIV ».

Louis XIV parce que selon le groupe, « ça claque ». Peut-être aussi pour affirmer à l’image de ce monarque architecte, et dans une forme d’ambition naturelle que le groupe Odezenne caresse le désir de bâtir son propre Versailles sur les terres hexagonales du rap. Ce rap français, qui est train précisément de vivre une nouvelle renaissance avec ces professionnels de la rime, de l’assonance, du jeu de mots en cascade, du calembour transcendé en pied rythmique. Et qui n’hésite pas à réactiver la comptine enfantine construite sur le jeu de kyrielles.

Extrait de « Saxophone »

Ce titre était l’une des grandes réussites de l’album sorti il y a un an. Un OVNI comme le titre de leur disque, qui signifiait « orchestre virtuose national et incompétent. » De l’humour froid au bout de chaque rime, le souci d’être frontal, l’édition de luxe agrémentée d’inédits montre la puissance de feu lexicale et musical de ce groupe. Quitte à provoquer l’enfance mutine pour secouer et jouer aussi avec la verve d’un Boby Lapointe.

Extrait « tu pu du cu »

Al et Jaco sont au micro et aux textes, Merlin est le concepteur sonore et DJ Lodjeez est aux platines. Musicalement, on n’avait pas entendu de tels instrumentaux dans le hip-hop français depuis longtemps. Entre textures électroniques, soubassement jazz et beats singulièrement mélancoliques, le groupe Odezenne innove et garde le cap d’un constat rap, plus séditieux que son cousin le rap conscient. Comme en témoigne ce titre orwellien en diable.

Extrait de « Paranoïd »

Odezenne a réussi le pari impossible de relier l’art de la rue avec une forme de situationnisme conjugué à une dimension très arty. « Trop de merde sur les ondes, on va pas faire danser le monde, on est des pygmalions, des rappeurs sans millions. » C’est cette ligne du parti qu’ils développent sur leur label de disque qu’ils ont baptisé « Universeul ». Tout est dit.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.