Voici l’album live de Palatino, témoignage de la reformation de l’un des groupes de jazz les plus mythiques formé dans les années 90 et composé de quatre musiciens d’exception d’origines différentes : un Français, un Américain et deux Italiens.

Le Français, c’est Michel Bénita à la contrebasse, l’américain c’est Glenn Ferris au trombone et les Italiens ce sont Paolo Fresu à la trompette et au Bugle et Aldo Romano à la batterie. Ensemble, ils ont décidé de reprendre le voyage musical qu’ils avaient interrompu, et ce à l’occasion d’un concert exceptionnel donnée à la MC de Grenoble. 90 minutes de groove délicat mais surtout de célébration de la mélodie à travers leurs compositions comme celle-ci signée Aldo Romano.

Extrait de « Dawn »

Le quartet formé en 1995 retrouve donc aujourd’hui la ferveur de jouer. Leur nom de groupe fait évidemment référence au Palatino, ce train de nuit légendaire qui quitte Paris en fin d’après midi pour arriver à Rome au petit matin et que la SNCF a décidé de supprimer. Comme un écho protestataire à cette décision, le groupe, lui s’est reformé pour nous offrir ces propres compositions qui semblent avancer dans la nuit sur des rythmes ternaires avec un sens de la précision et de la régularité qui évoque effectivement la petite musique hypnotique d’un train qui traverse des paysages on ne peut plus variés…

Extrait de « Blue bambu blue »

Le jazz de Palatino passe de la gravité à la légèreté avec grâce. Le swing est partout, les thèmes mélodiques sont précis et se mémorisent dès l’attaque de chaque morceau avec la même exigence que dans une chanson. Remarquable association de quatre virtuoses aux expériences riches et diverses. Romano a joué aux cotés de Don Cherry, Keith Jarett, Michel Petrucciani, Claude Nougaro entre autres, Glen Ferris lui a joué avec Franck Zappa, Steve Lacy, Michel Benita fut à la contrebasse avec Archie Shepp, Michel Portal et Paolo Fresu est considéré comme l’un des plus grands trompettistes actuel, caractérisé par son feeling qualifié de Chet bakerien

Extrait de « Waiting »

Pas d’ego trip, ni de solo ramenard, pas de tentation non plus de la jouer dans une simple conversation jazzistique entre une rythmique d’un coté et les cuivres de l’autre. Le groupe Palatino a le goût des croisements et des contraires qui s’attirent. La musique de ce train musical nous redonne le goût des voyages à vitesse normale.

En concert au duc des Lombards, à Paris, les 16 et 17 janvier.

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