Voici le deuxième album d’Oxia, originaire de Grenoble. Il est l’un des artistes phares de la scène électronique française. Son nouveau disque s’intitule « Tides of Mind » que l’on peut comprendre comme « Les marées de l’esprit ». C’est une façon de définir pour Oxia l’état d’esprit si singulier qui peut régner au moment de l’enregistrement d’un album. Ces vagues de doutes qui succèdent à une houle de joie, ce ressac qui submerge parfois la création. Avec au bout du compte cette idée que la musique joue sur notre état d’esprit. Oxia à l’aube de la quarantaine – déjà s’est laissé submerger par des musiques qu’il a beaucoup écouté ces dernières années et notamment le jazz, qui on le sait peut faire une belle alliance avec la techno.Extrait de « Rue Brusherie » C’est un album qui respecte les codes du meilleur de la musique électronique : tempo, mélodie, harmonie comme chantait un stéphanois. C’est charnel, moite et sexy. C’est le coté animal du pouvoir de la danse. Pour Oxia, c’est une façon de rendre hommage aux fondamentaux de la techno. Une techno qui a su aussi évoluer avec son époque en choisissant de collaborer avec des voix qui participent à l’incarnation de cette musique vers la pop. Comme ici avec la chanteuse Mesparrow.Extrait de « Travelling Fast » Oxia a démarré sa carrière en faisant de la radio à Grenoble où il animait une émission de funk. Il n’a jamais oublié que son premier choc artistique fut la découverte de Cerrone, mais oui, sur scène en 1978 en pleine fièvre du disco, de préférence donc celle du samedi soir. Quelques mois plus tard ses parents lui offrent son premier synthétiseur, jusqu’au jour où il découvre la magie des platines en mixant dans des soirées étudiantes. Oxia est typique de cette génération pour laquelle la techno a joué le même rôle d’émancipation et de contre culture que le rock. C’est ce que l’on sent confusément dans sa musique qui en s’adressant toujours aux pistes de danse, n’oublie pas de donner un sens plus profond à celles et ceux qui lèvent encore les bras sur le dance floor.Extrait de « The Phoney Lullaby » Oxia fait partie de ces déjà vétérans de la musique électronique qui interrogent en creux l’avenir de tous ces DJ qui frisent la quarantaine et qui continuent à faire danser un public toujours plus jeune. Insolent par sa différence d’âge. Mais à l’écoute de ce disque brillant qui déclenche le lâcher prise, Oxia peut encore être ce DJ qui la nuit dernière a sauvé votre vie.

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