Aujourd’hui lundi, sort le nouvel album de David Bowie après dix ans d’absence. Un événement à la hauteur du secret qui a entouré sa sortie. France Inter lui consacre sa journée, ce qui atteste selon vous d’un retour amplement réussi.

17 titres inédits, la superbe mécanique Bowie est à nouveau en marche. Miraculeusement intacte, elle prouve que le plus grand mutant de l’histoire du rock a encore des choses à nous dire. On le croyait déjà enfermé dans une sorte d’antichambre de l’au-delà et voilà qu’il nous réapparait, nerveux, électrique et goguenard, nous balançant d’entrée : « Je suis là, pas vraiment mourant ».

Extrait de « The next day »

Tout est dit dans ce morceau d’ouverture qui a donné son titre à l’album. Résurrection d’une légende pas vraiment morte. Le jour prochain est celui d’aujourd’hui. Bowie a convoqué un grand fracas sonore. Comme si après une décennie de silence, il fallait remplir son space oddity de guitares foudroyées, de batteries martiales et même de saxo déviants. Une charge sonique qui n’entame pas la sinueuse touche mélodique d’un Bowie qui s’y connaît pour composer des chansons sinueuses qu’il compose en zigzag.

Extrait de « I’d rather be High »

Le Bowie 2013 n’est pas encore revenu de tout. L’heure n’est pas au disque testamentaire. D’ailleurs, c’est un langage qui n’existe pas chez lui. Bowie transformiste et mutant à la fois a le droit de vie et de mort sur les personnages qui ont nourri sa schizophrénie créative. Ce nouveau disque est l’occasion de faire un état des lieux sur une galerie de portraits, de cartes d’identité successives et de lieux à revisiter.

Extrait de « Where are we now ? »

Où sommes-nous donc maintenant ? Bowie questionne, jubile dans l’autocitation et dans les clins d’œil appuyés à ses différentes périodes artistiques. Il joue avec l’idée même d’éternité, nous prouvant à la fin du disque qu’il est encore capable d’être le meilleur compositeur de l’étrangeté et des questionnements.

Extrait de « Heat »

Curieux et intriguant disque jusqu’au bout qui réussit à proposer aux plus fans trois titres inédits, où Bowie sort de l’objet de synthèse pour nous dire qu’il est encore capable de se réinventer sans parler du passé. C’est la preuve qu’il est plus que tout vivant.

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