Vous nous présentez le nouvel album du groupe australien Tame Impala que vous nous aviez fait découvrir, il y a déjà deux ans… emmené par son leader multi-instrumentiste Kevin Parker, 26 ans, qui continue à explorer le psychédélisme.

Plus de synthés, moins de guitares mais toujours un rock qui s’abreuve aux sources jaillissantes de substances psychotropes. Kevin Parker écrit et compose tous les titres du groupe dans une forme de solitude qu’il confronte ensuite à son bassiste et son batteur. Ensemble, ils tentent de faire de chaque morceau une expérience sensorielle, une célébration débridée de la technologie au service d’une musique antérieure. Un voyage immobile à travers le système solaire.

Extrait de « Apocalypse dreams »

Sur ce titre, Tame Impala parle avec un accent tonique floydien bien prononcé. La tentation de l’épique sensualité est partout dans ce disque qui semble s’amuser avec l’imprévisible que procure le son lorsqu’il est poussé dans ses retranchements. C’est ce qui se dégage du premier single de l’album. Saturation des effets de synthés vintages, prise de batterie qui semble avoir été enregistrée avec un seul micro, effets de compression retrouvés comme lorsque Syd Barret en abusait, et la voix du chanteur Kevin Parker qui ressuscite John Lennon sous acide.

Extrait de « Elephant »

L’album n’est pourtant pas enregistré sous la seule emprise d’une nostalgie psychédélique. Il édicte une réponse franche et nette à la standardisation du rock exigeant que toutes les oreilles du monde entier écoutent et subissent la même potion musicale. Au cœur d’un même titre, Tame Impala joue la rupture. Au commencement une ballade lyrique presque gentille qui au bout de 2’38 de bonheur tourne à l’apocalypse sonore.

Extrait de « Sun’s coming up »

Il y a beaucoup d’intuition dans la musique de Tame Impala. Une exigence de la forme, où la géométrie est dictée par un désir kaléidoscopique que l’on retrouve d’ailleurs aussi dans l’imagerie du groupe. L’album s’intitule « Lonerism », mot inventé qui pourrait renvoyer à l’idée de solitude. Mais c’est l’invention du mot qui prime, comme pour signifier qu’à l’impossible nul n’est tenu. Sauf pour eux.

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