Ce matin, vous nous présentez le premier album d’Adam Bainbridge, alias Kindness. Originaire de la ville de Peterborough en Angleterre, Kindness livre un disque qui creuse une certaine forme de nostalgie. Celle des années 80.

Extrait de « Gee up »

C’est un curieux disque. Un disque en déséquilibre constant. D’un côté il y a ces mélodies avenantes que l’on croirait nées de la force centrifuge d’une machine à faire la barbe à papa. Des mélodies en pur sucre et en couleur, qui s’enroulent en filaments et qui fatalement colle aux dents. De l’autre côté, cet excès de glucose est vite durci par une rythmique qui bouge sans cesse, des strates d’harmonies vocales à la limite de la dissonance, et un empilement de sons que l’on croyait mort pour la FM sur la ligne de démarcation entre les années 80 et 90.

Extrait de « Seod »

Bienvenue dans l’ambiance des studios-cathédrale qui faisait de toute cabine de prise de son, un sanctuaire pour épater la galerie d’effets bling-bling. Mais là où le disque est touchant c’est qu’il ne se cache pas derrière une posture pour affirmer son propos. Kindness reconnaît les siens qu’il cite d’ailleurs dans une chanson. John Lennon, Michael Jackson, Kate Bush, Brian Wilson ainsi que quelques symboles rutilants de la house music. Il se plie aussi avec jubilation à l’exercice de la reprise d’une ballade des années 80 chanté à l’origine par le groupe américain The replacements.

Extrait de « Swinging party »

Le meilleur lien référencé pour tous les morceaux de l’album c’est sans nul doute Nile Rodgers, le grand sorcier du son du groupe Chic qui donna des semelles de vents à David Bowie, Madonna, Debbie Harris, Diana Ross. Ceci explique cela. Kindness est allé solliciter le producteur français Philippe Zdaar, nouveau maître étalon de la production qui symbolise l’union sacrée entre pop et musique électronique et qui visiblement a su à qui il avait à faire plongeant les deux doigts dans la console dans l’exercice de style pour rendre hommage à la Zulu Nation et Afrika Bambaattaa.

Extrait de « That’s allright »

Kindness a enregistré son album à Paris et l’on apprend dans le magazine Tsugi sa connaissance ultra pointue de la variété française où Louis Chedid cohabite aimablement avec un Daniel Balavoine jugé précurseur. Sans aller encore jusqu’à reprendre un classique de ce panthéon, le disco spatial, aux angles arrondis funky révèle un archéologue de cette mythologie qui reconnaît les siens.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.