Vous nous présentez le quatrième album studio de la chanteuse de jazz Laïka, enregistrée l’été dernier à New York sous la houlette de Gil Goldstein producteur, entre autres, de Gil Evans, Lee Konitz, ou Wayne Shorter.

L’album s’intitule « Come a Little closer ». En Français, « viens plus près ». Et c’est ainsi que l’on reçoit ce disque de l’intime, charge émotive sans filet, confession brûlante d’une femme amoureuse dans tous ses états. Un écrin pour une voix. C’est par la magie d’un orchestre de chambre, enfiévré par trois trompettistes, Graham Haynes au cornet, Ambrose Akinmusire à la trompette et Roy Hargrove au bugle que la chanteuse trouve sa vérité pour faire chanter son cœur.

Extrait de « And how I hopped for your love »

Laïka a conçu son album dans l’urgence de la violence d’une séparation amoureuse. Elle est alors installée avec ses deux fils à Tokyo avec le père de ses enfants. Et soudain, la rupture. Partir, et peut-être ne plus jamais revenir. Et c’est le tsunami de 2011 qui vient submerger définitivement sa vie. La vague est puissante, la métaphore décisive. Pour Laïka, il y a alors la nécessité d’expurger ce chaos de sentiments, entre l’homme qui s’en est allé, et celui qui soudain se rappelle à vous. Un premier amour à qui l’on dit et écrit ce que l’on n’avait jamais osé exprimer.

Extrait de « Divine »

C’est la seule chanson composée par Roy Hargrove pour laquelle Laïka a écrit le texte. Tout le reste de l’album est composé de standards. Abbey Lincoln, Nina Simone, Bing Crosby, avaient chanté les mots précis et précieux qui aujourd’hui déshabillent avec sensualité et subtilité l’âme d’une femme tour à tour blessée, et conquérante. On est bousculé devant ce chant de l’intérieur, qui part du ventre jusqu’au cœur, qui semble être né pour guérir. Il faut écouter le silence qui s’insinue entre la voix et les arrangements qui se sont affranchis de la présence d’une batterie. La pulsation s’exprime ici dans les nuances du chant qui pleure, ou qui sourit avec la même intensité.

Extrait de « When love was you and me »

Laïka a déclaré à Jazz magazine : « Cet album est celui de l’émergence et de la transformation. » Il est surtout celui d’une mise à nu. Un grand disque pour tous les amoureux qui pensent comme Paul Morand que l’amour n’est pas un sentiment mais une œuvre d’art.

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