Vous nous parlez ce matin du sixième album studio de l’un des groupes américain préféré du président Obama : « The national ». Baptisé « Trouble Will find me », il est composé de 13 nouvelles chansons qui ne semblent pas surfer sur l’énorme succès de leur précédent disque.

C’est en effet comme un nouveau départ pour The National dont il faut rappeler qu’ils ont d’abord connu le succès en France avant de conquérir leur pays. Après un succès épique, le risque est toujours là qui guette : produire des chansons boursouflées par la reconnaissance ou une forme d’autosuffisance. Ce nouvel album est au contraire porté par une forme de légèreté et de plaisir. Comme si l’inspiration et la naissance des morceaux avaient précipité le besoin vital d’enregistrer. Une évidence qui s’entend dans presque toutes les chansons.

Extrait de « Demons »

« Méfiez vous de vos démons, ils sont peut-être le meilleur de vous mêmes » écrivait Goethe. « I stay down with my démons », « je resterai là avec mes démons » assène The National. Malgré l’inspiration et des thèmes toujours sombres, le groupe semble vouloir trouver l’inéluctable lumière qui se trouve toujours dans des situations difficiles. Avoir du succès n’est rien. Avoir des enfants est bien tout. Pères et rockers, le sens des responsabilités étant identifié, le groupe s’est libéré de toute pression pour parvenir à écrire des chansons d’une limpidité absolue.

Extrait de « Slipped »

Pour parfaire cette sensation de renouveau, le groupe a ouvert son studio aux collaborations extérieures. Discrètes mais essentielles. Sufjan Stevens est venu jouer avec ses boites à rythmes, le DJ français Rone a rejoint le groupe installé dans un hôtel berlinois pour offrir de nouvelles textures aux morceaux, enfin des voix féminines dont celle du groupe St. Vincent ou du groupe Dark Dark Dark passent comme de discrètes visiteuses.

Extrait de « Don’t swallow the Cap »

La clé de ce disque planté entre ombre et lumière se trouve dans le morceau « Pink Rabbits », il décrit un personnage, dilué dans une forme d’anonymat extrême, probablement après une rupture, qui malgré le désordre intérieur voit la possibilité d’une résurrection pour peu qu’il accepte de se faire à nouveau confiance…

Extrait de « Pink rabbits »

Sur le site officiel du groupe, l’album est définit comme joyeux. On pourrait être plus précis en affirmant qu’il donne les clés pour profiter de l’art de la joie dans l’obscurité.

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