Après un premier album qui avait remporté un très grand succès, le groupe Revolver revient avec un deuxième album « Let Go ». Il sort aujourd’hui, annoncé depuis quelques semaines par cette chanson souvent diffusée sur France Inter.

Extrait de « Wind song »

En cette époque électorale, le groupe Revolver pourrait reprendre à son compte la devise giscardienne de 1974 « le changement dans la continuité ». Mais j’arrêterais là la comparaison car de toute éternité jamais le président en question n’a fait preuve de sensibilité à la question pop. Or la pop c’est le programme commun de ce trio parisien écartelé entre une solide culture classique et la mythologie beatlessienne. Mais pas que. Lou Reed, Simon and Garfunkel, les Kinks et Elliot Smith ont voisiné aimablement dans leur pop de chambre avec la beauté des chants de Ceremony of Carols de Benjamin Britten ou les opéras de Purcell. Ce qui offre à leur morceau un sens de l’élévation assez rare.

Extrait de « Let go »

Ce qui a changé aussi pour ce deuxième album c’est la méthode d’écriture de leurs morceaux. Les trois garons sont passés de la composition en chambre à celle plus chaotique et accidentée de l’écriture en tournée, dans les chambres d’hôtels ou dans les loges avant ou après les concerts. Et c’est l’envie de faire danser les gens qui s’est donc imposé. Revolver a cherché le groove dans la pop et s’est offert l’apport bénéfique d’une rythmique

Extrait de « Let’s get together »

L’album est aussi marqué par la thématique effectivement du changement, de la mutation mais aussi de l’éloignement, et de la fraternité élective. On sent aussi confusément que l’image cinématographique n’est jamais loin. Des teen moovies des années 80 au cinéma plus aventurier de John Cassavetes

Extrait de « Cassavetes »

Le rêve américain. L’adolescence en fuite. Les garçons prétendus sages sont en train de lâcher prise. Revolver était l’album des Beatles qui marquait la mutation du groupe vers le psychédélisme. Le Revoler français ne s’habille pas encore en sergent poivre mais il a décidément bien choisi son nom de groupe.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.