Le nouveau disque de Bertrand Betsch s’intitule « Le temps qu’il faut ». C’est le quatrième album d’un artiste qui revient de loin, puisqu’après ce qu’il convient de nommer un vrai « succès d’estime », cet auteur-compositeur-interprète a failli raccrocher lorsque la quarantaine a sonné.

Bertrand Betsch avec sa voix de guingois boit désormais le lait de la tendresse humaine. C’est donc une renaissance pour cet artiste doué qui n’a pas cessé d’alterner les disques avec les aides sociales, le RMI, une petite SACEM et le retour dans le monde du travail en 2010 où Bertrand Betsch, pense alors arrêter sa carrière, découragé de ne pas rencontrer son public. Il effectue un an d’intérim dans un entrepôt de la grande distribution du livre en tant qu’ouvrier non qualifié. Ce retour dans le monde du travail lui a donné semble t’il le ressort nécessaire pour retrouver le gout d’écrire et de chanter avec son amoureuse Nathalie Guilmot.

Extrait de « L’avenir est devant »

Bertrand Betsch est un garçon qui a beaucoup souffert de sa réputation de looser magnifique. Son pessimisme pathologique, cette définition personnelle de « mauvais vivant » ne l’ont pas épargné. Mais Betsch est semble t’il revenu à son petit Sartre illustré. L’existence précède l’essence. Il est donc maitre de sa vie et responsable de son bonheur comme de son malheur. Alors Bertrand Betsch écrit des livres, des romans, nourrit son blog, reprend le chemin des studios pour sortir du silence, lui qui pour se remettre en selle avait offert un album de 12titres inédits intitulé « je vais au silence ». Désormais Bertrand Betsch se retrouve parce qu’il assume enfin sa mémoire d’enfance et les souvenirs qu’il ramasse à la pelle.

Extrait de « Les sables mouvants »

Chant qui traine, lancinant, entre Souchon et Marchet, souvent fragile, on ne peut pas oublier que Bertrand Betsch a failli perdre sa voix. Il est un chanteur surtout porteur d’une écriture précise, ciselée, plutôt féminine, débarrassé de tous les oripeaux de la puissance virile. L’homme fragile regarde à la fenêtre le temps qu’il passe et semble serein.

Extrait de « Avance encore »

Bertand Betsch chantait dans une de ses premières chansons «Je suis peut-être un raté, mais ce ratage est réussi.» A l’écoute de ce disque on peut dire que c’est toujours vrai.

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