La saison dernière, vous chroniquiez le nouvel album de Jérôme Minière, artiste français exilé au Québec qui cherchait une distribution en France. Et bien, c’est fait. Depuis le 24 septembre dernier, son album « Le vrai le faux » est aussi disponible chez nous…

Cet album sorti il y a déjà deux ans au Québec n’a rien perdu de son actualité. Au contraire. En s’attachant à examiner les liens entre le réel et l’imaginaire à l’ère de la surconsommation, de la sur-information et de la peopolisation, Jérôme Minière interroge son époque comme il l’a souvent fait, nous rappelant au passage qu’il est aussi l’acteur d’un monde en mutation, enregistrant peut être ce qu’il convient de dénommer son dernier disque de plastique.

Extrait de « Le vrai le faux »

Dans la version française de son disque, Jérôme Minière a pris le temps d’enregistrer un duo inédit. Une chanson qu’il avait d’abord écrite pour le projet musical d’un ami : 12 chansons pour les 12 mois de l’année. Il a demandé à la jeune chanteuse Brune de le rejoindre pour nous offrir ce duo délicat.

Extrait de « Avril »

Jérôme Minière n’est jamais aussi brillant que lorsqu’il fait de ses chansons des chroniques métaphoriques sur la marche du monde. En 2004, il avait déjà publié un disque où il créait son double imaginaire, un certain Herri Kopter englué dans la logique impitoyable de l’économie de marché. Dans ce disque, une des chansons les plus réussies aborde le désastre écologique dans un style kafkaïen et c’est bien une drôle de métamorphose qui nous est promise.

Extrait de « Des pieds et des mains »

Jérôme Minière par le passé avait adapté Fernando Pessoa ou Paul Eluard. Cette fois, il parvient à faire d’un texte original de Louis Aragon « On a beau changer d’horizon », une chanson d’aujourd’hui.

Extrait de « Les décors »

On a vu au printemps dernier Jérôme Minière investi dans les mouvements étudiants au Québec. Pour lui qui est né à Orléans, il a toujours un pied dedans, un autre dehors. Comme pour le musicien chanteur qu’il reste. Un jour Minière, un autre Herri Kopter. Pour l’heure c’est le vrai, le faux. Minière voit toujours la vie en double.

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