Panne de réveil, retrouvez ci-dessous la chronique que vous auriez dû entendre ce matin!Didier Varrod.

Aujourd’hui 12 septembre sort le nouvel album de Miossec « Chansons ordinaires ».

Un album largement inspiré par le principe des chansons d’avant guerre où les titres commençaient toutes par le mot : "chanson". Avec le Brestois, les 11 chansons ont ainsi leur propre vocation. De « chanson que personne n’écoute » à « chanson pleine de voix » ou « chanson d’insomniaque », jusqu’à « chanson sympathique »...

Extrait de « chanson sympathique »

« Avoir un bon copain, il n’y a rien de plus chouette au monde » chante Miossec sur un lit de guitares crasseuses et velvetiennes. C’est donc avec un clin d’œil à Maurice Chevalier qui avant guerre chantait « avoir un bon copain » que se termine ce nouvel album de Miossec. L’avant guerre semble avoir largement inspirée ce Miossec cru 2011, qui en creux peut aussi faire allusion Henri Garat, créateur de cette même chanson « avoir un bon copain ». Un jeune premier qui dans les années 30, victime de son succès finit par se diluer dans les affres de l’alcool et de la drogue. Miossec, 46 ans, n’a plus envie de se brûler le corps qui s’est chargé de le rappeler à l’ordre. Il peut plier mais ne rompt pas. L’énergie à revendre, la vitalité adolescente voici qu’il les met dans un album corrosif où les références littéraires affluent. André Gide, Xavier Grall, Georges Perros où le sulfureux Pierre Drieu la Rochelle à qui Miossec emprunte le titre de son premier roman « l’homme couvert de femmes » sans aller plus loin heureusement dans la collaboration. Miossec interroge une fois de plus le désir masculin, lui qui avait intitulé un des ses albums « baiser ». Ce désir carnivore qui telle une addiction fait de l’homme son meilleur ennemi, un homme désabusé, mysogine et cynique qui pourtant finit par courir comme une midinette après l’amour absolu…

Extrait de « chanson pour un homme couvert de femmes »

Miossec est un nostalgique profondément moderne. Un classique toujours innovant. Un enfant éreinté. Un beau mec esquinté. En cela il est évidemment profondément gainsbourien. Schizophrène et bouleversant.

Extrait de « chanson pleine de voix »

La force de Miossec est probablement d’être attaché à ses racines bretonnes qui lui donnent cette douce sauvagerie, celle d’un homme difficilement domptable. Un marin assigné à la terre ferme naviguant sur les flots d’une lucidité vertigineuse, au gouvernail avec la politesse de son humour désespéré…

Extrait de « chanson dramatique »

Christophe Miossec se présente sur la pochette de son dernier disque, debout, dans la nuit brestoise. Comme 
inquiet d’être
 de ce monde intranquille. Ces chansons ordinaires sont inspirées du livre « une vie ordinaire » de Georges Perros. L’un comme l’autre ont trouvé le son rock et violent que filtre la banalité.

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