Vous nous présentez non pas un, mais deux albums qui sortent simultanément. Ils sont signés de la chanteuse de jazz brésilienne, Luciana Souza. L’un est consacré au répertoire de Chet Baker et l’autre au patrimoine de la musique brésilienne.

Deux albums qui pourraient être les deux faces d’un même disque voulant mettre en lumière la connexion secrète qui prévaut entre le jazz West coast de Chet Baker et la Bossa Nova.

Extrait de « The thrill is gone »

Chet Baker fut la référence absolue de tous les musiciens de bossa nova à la fin des années 50 et au début des années 60. Inspirant par ses effets de souffle, son langage harmonique sinueux et sensuel, il donne le « la » pour faire jaillir le calme et la subtilité. Retenir les intentions tout en exprimant l’intensité. C’est cette quête de l’introspection, du contrôle de soi-même, qui va influencer Luciana Souza, elle-même issue d’une famille de rénovateurs de la bossa. Rendre hommage à Chet Baker, c’est être dans sa vérité qu’elle justifie ainsi, je cite : « magnifier le silence et l’écoute que vous obtenez en contrepoint du bruit. »

Extrait de « The touch of your lips »

Et puis il y a ce Brésil natal qui lui permet de retrouver sa langue et donc une part de sa voix naturelle pour rendre hommage aux grands musiciens de la musique brésilienne, dont évidemment Gilberto Gil.

Extrait de «Eu Vim da Bahia »

On retrouve dans cet album des guitaristes virtuoses qui dialoguent avec la voix de velours de Luciana Souza. Tonino Horta, Romero Lumbabo et Marco Pereira maitre de la guitare classique brésilienne. Avec lui, Luciana sort d’elle même, suivant le son de la guitare à sept cordes qui poussent les graves et les aigus dans leur extrémité. La voix de Luciana suit ainsi ce chemin escarpé pour traduire la plainte d’un cœur brisé, celle qui s’exprime dans l’original signé Antonio Carlos Jobim.

Extrait de « Chora Coraçao »

Luciana Souza revendique son statut d’interprète comme celui d’une réelle identité. De Chet Baker à Joao Bosco ou Carlos Jobim, elle nous rappelle qu’il y a toujours le même miracle à trouver la lumière dans l’infinie tristesse « du manque habité » de la saudade.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.