Ce matin, vous nous présentez le disque de reprises du groupe Brigitte qui accompagne la réédition pour les fêtes de Noël de leur premier album déjà couronné par un succès incroyable.

En ces temps de crise du disque, je ne suis pas sûr que la mode des rééditions à répétition donne envie à ceux qui ont encore envie d’acheter des disques de continuer. Le premier album des Brigitte a effectivement remporté un succès presque hors-norme dans un contexte sinistré et c’est une bonne nouvelle. L’autre bonne nouvelle c’est que leur initiative d’enregistrer dix reprises se révèle finalement une vraie réussite artistique et atténue le sentiment de l’essorage d’un répertoire déjà trop exploité. Comme si les deux créatures facétieuses du tandem Brigitte avaient le don inné de parvenir à presque mieux parler d’elles lorsqu’elles chantent les autres.

Extrait de « Habanera »

Ce qui caractérise Brigitte, duo parfait de pétroleuses d’une chanson décomplexée, c’est cet amour irrépressible de la chanson dans toute sa diversité. Elle touche le point G de chaque tube, nous révèle l’incroyable chimie qui parfois nous fait renier le temps de 2 minutes 35 de bonheur nos propres convictions idéologiques sur la chanson, son rôle dans la société, sa mission d’art mineur aux vertus majeures. Brigitte chante « Allumez le feu » et on y croit. Mais lorsqu’elles ressuscitent « Pétrole pop » chanson tordante du film « Moi y’en a vouloir des sous » de 1973, on en oublierait presque le flot des nouvelles anxiogènes de la radio.

Extrait de « Pétrole pop »

Et puis, le tube qui par définition est creux, parfois récompense quand même une grande et belle chanson. C’est aussi ce que raconte ce disque iconoclaste. Brigitte ravive le souvenir de cette chanson de Michel Jonasz qui parvint à fleurir au pire moment de la décennie 70 où Claude François était le maître étalon crispant de la variété française.

Extrait de « Les vacances au bord de la mer »

On retrouve également dans cet album un bel hommage à Brigitte Bardot chanteuse, avec la reprise de « Ne me laisse pas l’aimer » ou le « Chez les yéyés » de Serge Gainsbourg. On pardonnera donc aux Brigitte ce moment d’égarement dans la nostalgie qui dit tant, finalement, aussi de notre époque.

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