Ce matin vous nous présentez le deuxième album du groupe Foxygen composé de Jonathan Rado et Sam France, originaires de Westlake village à Los Angeles. Ils ont tous les deux 24 ans et semblent pourtant être nés au début des années 70 au temps béni des hippies.

Extrait de « San Francisco »

Ils n’hésitent pas à poser avec des fleurs dans les cheveux et ont intitulé leur album « We are the 21st century ambassadors of peace and magic ». Nous sommes les ambassadeurs du 21ème siècle de la paix et de la magie. Ainsi tout est dit et assumé avec en supplément au programme, l’humour nécessaire lorsqu’on vit dans une ville qui regorge aujourd’hui de groupes de métal et de hard rock. Foxygen regarde aussi cette décennie comme un hommage aux disques qu’écoutaient leurs parents. Et comme ils ne sont pas rappeurs et n’utilisent donc pas des samplers pour collecter des sons d’origine, ils ont décidé de les reproduire eux mêmes de façon ludique avant de les pervertir. Comme par exemple dans cette chanson où le refrain d’une chanson du King Elvis de 1969 « suspicious minds » semble avoir été réveillée avant d’être détournée.

Extrait de « On blue mountain »

Les deux garçons commencèrent d’ailleurs la musique au collège en créant un groupe dont l’unique mission était de s’amuser en plagiant les Doors. Avec ce premier album sérieux, ils rendent hommage avec insistance à la B.O d’une époque élargie où le rock inventait sa propre mythologie avec ses références incontournables. Du pionnier Elvis, aux Kinks, aux Beatles, aux Stones, aux Velvet, et à Bob Dylan.

Extrait de « no destruction »

Bien sûr, écrasé par tant de références, on pourrait vite mettre le groupe au banc des accusés des plus brillants plagiaires si l’on ne prêtait qu’une oreille distraite à l’album. Mais une écoute plus attentive du disque permet de déceler un vrai savoir faire pour composer des mélodies addictives, un son jouissif, et surtout une désinvolture joyeuse et anarchique qui se fait entendre au bout de chaque refrain.

Extrait de « Shuggie »

La liste des groupes étreint par la nostalgie s’allonge donc un peu plus chaque jour. Mais lorsqu’ils ne sont pas « regretteurs », leur façon juste de regarder dans le rétro nous permet d’avancer encore.

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