Ce matin, vous nous présentez le deuxième album solo de Féfé, l’un des anciens rappeurs du groupe Saïan Supa Crew. Celui qu’on surnomme « l’évadé du rap » revient avec des chansons enregistrées entre Paris et San Francisco sous la houlette du producteur américain Dan the Automator.

Extrait de « Le charme des premiers jours »

C’est ce titre dont l’attaque n’est pas sans rappeler le « Sugarman » de Sixto Rodriguez, qui a donné son nom au nouvel l’album de Féfé. Même si l’on peut reconnaître un sample de Curtis Mayfield en amorce, Féfé aujourd’hui valorise la place des musiciens, lui qui s’honore d’avoir pu jouer de tous les instruments sur ce disque. Cap plus net sur la soul mais pas seulement. Féfé en pleine transformation cherche le sens de sa création à travers toutes les musiques pop qui l’ont vu grandir. Le temps du grand recyclage est donc venu et Féfé s’en donne à cœur joie. Il sort de lui même sans oublier d’où il vient. Le rap est toujours là en creux, mais il voisine dans chaque titre avec son chant de plus en plus déployé. Qui au passage fait son examen de conscience et parle sans équivoque du danger qui guette tout artiste ayant connu le succès, d’être tenté de se répéter ou de devenir sa propre caricature.

Extrait de « Parodie »

Féfé, né Samuel Adebiyi est né en 1976 à Clichy la Garenne de parents d’origine Yoruba du Nigeria. La musique africaine de Fela Kuti forge les consciences mais la soul américaine et l’industrie de la Motown donne l’exemple pour se libérer par la légèreté. Féfé trouve le chemin du rap grâce à son père qu’il lui indique la bonne route pour être synchrone avec la musique de sa génération. Le rap comme chaque disque en solo est l’occasion pour Féfé de se réinventer. La crise du disque, elle se chargera de faire une sélection naturelle et de permettre aux artistes motivés par la seule nécessité de poursuivre leur route enchantée.

Extrait de « Cause toujours »

« Le charme des premiers jours » est un titre bien choisi. Libéré grâce au succès de son précédent album solo, on sent que Féfé prend du plaisir à chanter son essentiel. A savoir le Nigeria, pays d’origine de ses parents qu’il chante avec des accents blues folk bouleversants, ou encore cette chanson dédiée à ses enfants qui démystifie le poids de l’héritage.

Extrait de « La somme »

Profondément généreux et sans posture, Féfé poursuit sa quête de simplicité et d’authenticité. C’est aussi cela le charme des premiers jours qu’il cherche sans cesse à préserver.

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