Voici le troisième album de David Babin, alias Babx, auteur compositeur interprète qui, après avoir écrit pour Julien Doré, et réalisé les albums de Camélia Jordana, et L, revient à lui-même avec un disque qu’il a baptisé « Drones Personnels »

Mais que sont donc ces drones, étranges aéronefs en forme d’araignées, de vaisseaux fantômes sans pilotes ? Une métaphore pour parler des peurs millénaires, des ruptures amoureuses qui ressemblent aux colères de la terre, des sentiments qui selon Babx nous espionnent et nous bombardent. « Drones personnels » aussi pour exprimer un besoin musical viscéral de radicalité, une envie de provoquer une friction entre des sons organiques et d’autres issus de la manipulation vaudou des machines. Le froid de la terre en collusion avec la fusion de son cœur volcan…

Extrait de « Helsinki »

Babx a réalisé un disque spatial, une curieuse conversation entre l’homme et la machine. Babx accroché aux frénésies chtoniennes ne vient pas d’ailleurs. De son studio capsule, Il interroge le ciel, tente d’imaginer de son cockpit, des histoires qui étonnent et détonnent comme dans la narration du destin tragique de dictateurs qui s’effritent pour une passion de papier journal.

Extrait de « Naomie aime »

Des consonnes et des voyelles qui claquent et s’entrechoquent dans une forêt lyrique, hantée de racines qui prennent leur source à la terre profonde de Léo Ferré, arrosé par Thom Yorke de Radiohead. Avec l’esprit frondeur de la contradiction assumée qui lui fait écrire une chanson sur le désamour comme si c’était une grande chanson d’amour.

Extrait de « Je ne t’ai jamais aimé »

On ne peut pas parler de ce nouvel album sans évoquer l’ahurissante machine infernale que constitue son premier single « Tchador woman » qui évoque le destin de Manal al-Sharif, l’une des héroïnes du printemps arabe, condamnée à la prison pour avoir pris le volant en Arabie Saoudite.

Extrait de « Tchador woman »

Enfant, Babx aimait à flâner dans une librairie qui vendait aussi des parfums. Il en a gardé une mémoire des sens, un besoin de faire que les mots exhalent leurs propres essences. L’artisan parfumeur nous livre aujourd’hui son disque le plus enivrant.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.