Aujourd’hui, sortie du nouvel album d’Anthony Joseph, poète et musicien originaire de Trinidad qui revient avec un album irrigué par de très nombreuses influences musicales.

Anthony Joseph renforce l’axe fondamental entre Féla, le roi de l’afro beat, et Marvin Gaye, le prince torride de la funk music. Exemple :

Extrait de « She is the sea »

Cela donne ce troisième album « Rubber orchestras » dont l’idée a jailli lorsque Anthony Joseph a lu les vers du poète surréaliste Ted Joans. Ted Joans était peintre, trompettiste de free jazz, compagnon de route de Kerouac, et surtout l’un des pionniers du spoken word qui deviendra le slam. Cette poésie qu’il faut malaxer pour lui donner je cite « une sorte de signification flexible, une écriture mutante basée sur une langue spontanée, comme du caoutchouc ». Jamais loin de ses origines caribéennes, Anthony Joseph nous rappelle qu’enfant c’est dans les églises qu’il découvrait un mélange de musique Voodoo, de calypso et de candomblé. Jamais loin non plus, le spectre d’Aimé Césaire dont s’inspire l’œuvre d’Anthony Joseph, plaçant la littérature noire comme socle de sa conscience. Avec ce besoin de réussir le mariage entre le surréalisme poétique et l’engagement politique du héros de la négritude. Enfin on ne peut s’empêcher de penser aussi à Gil Scott Heron disparu cette année qui aurait sûrement aimé cette charge brûlante et groovy sur l’argent sale qui continue d’occuper la une de l’actualité dès lors que l’on parle des affaires africaines…

Extrait de « Money satan »

Anthony Joseph est toujours accompagné par son groupe « The spasm band ». Une machine à danser et à réfléchir au cœur de toutes les influences de la diaspora africaine. En 2004 Anthony Joseph fut sélectionné par le conseil des arts du Royaume Uni comme l’un des cinquante écrivains noirs à avoir apporté une contribution majeure à la littérature britannique, ce qui atteste aussi de l’importance de ses ouvrages poétiques créolisés qu’il publie en parallèle de sa musique. Le mot comme territoire d’émancipation, Anthony Joseph a aussi dirigé des ateliers d’écritures pour les sans abris dans son quartier de Londres. Cette ville d’adoption qui l’a aussi influencé à inventer une forme de rock black percutant.

Extrait de « Bullet in the rocks »

Anthony Joseph se considère toujours trinidadien. L’Angleterre qui le voit travailler aujourd’hui reste toujours sa terre d’accueil qui a eu le mérite, selon lui, de ne pas en faire un exilé pour autant. Sa vie de musicien au Royaume Uni, il la considère comme une exploration permanente qui redonne au griot le privilège d’être porteur d’une culture universelle. A l’heure de la puissance virtuelle, c’est une belle performance.

Anthony Joseph (accompagné de son groupe The Spasm Band) sera en concert à Paris le 15 au New Morning, le 30 septembre à Marseille et le 21 octobre à Tourcoing.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.