Ce matin, vous nous présentez Frank Ocean, nouvelle figure du hip-hop et du R&B américain, qui, en quelques mois a réussi à s’imposer par sa voix, ses textes tout en transgressant quelques codes de son milieu.

Faire son « coming out » au monde entier pour affirmer son homosexualité n’est jamais simple. A fortiori lorsque vous sortez un premier album dans un milieu du rap ouvertement homophobe. Et pourtant Frank Ocean, 24 ans, l’a décidé courageusement en postant sur son blog cet aveu. Son premier amour à 19 ans était un homme et cette passion le tourmente encore aujourd’hui. « J’ai crié aux nuages dans les cieux. Pour une explication. Pour sa miséricorde, peut-être. Pour que la paix pleuve sur mon âme, comme la manne. Alors Frank Ocean ne triche pas, chante sa vie, ses tourments, la culpabilité qui le ronge. Tout ça avec la grâce de l’innocent qui pense qu’il a les mains sales.

Extrait de « Bad religion »

La vie de Frank Ocean c’est celle précédemment de Christophe Breaux pour l’état civil, originaire de la Nouvelle Orléans, qui survit alors à force de petits boulots après une adolescence bien abîmée. Laver des voitures pour s’acheter son studio et du matériel d’enregistrement, cela muscle la rage, jusqu’au jour où l’ouragan Katrina dévaste sa maison. Plus d’autre choix que de partir vers Los Angeles, quelques dollars en poche, pour devenir chercheur d’or. Il compose pour le navrant R’ n’ B des Justin Bieber et autre Brandy. Il faut bien vivre. Loin des plans frime du genre musical qui regorge de prétendants châtrés sous des tonnes de reverb’, Frank Ocean travaille sa différence. Il conjugue son groove parfait avec sa gravité et son angélisme post adolescent.

Extrait de « Pink Matter »

Ce premier album illustre la soif de Frank Ocean d’être seul maître à bord de son disque. On ne peut pas s’empêcher de penser aux premiers disques de Prince, époustouflant dans le fond et bluffant dans la forme.

Extrait de « Crack Rock »

Après l’ouragan Katrina, Frank Ocean s’est donné six mois pour mettre Los Angeles à ses pieds. Aujourd’hui, il est en train de faire coup double. Contraindre le monde du rap à envisager d’être homo compatible et renouveler le R&B pour en faire un genre qui soit certes de variété, mais sans sucre et qui pense.

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