Ce matin, vous nous présentez le deuxième album du jazzman Gregory Porter, natif de Los Angeles, aujourd’hui installé à Brooklyn où il a démarré sa carrière à l’aube de la quarantaine.

Il y a eu un avant déterminant pour Gregory Porter. C’était l’époque où il lui fallait patienter dans les music halls de New York. Chanter, et jouer des coudes comme performer pour les comédies musicales avec sa voix, diamant idéal pour raconter l’histoire du blues et du gospel dont il fut un enfant. Puis un jour, c’est la rencontre avec le label Motéma qui saisit l’épanouissement artistique tardif de Gregory Porter comme un atout. Sa voix qui charrie son enfance passée près de sa mère femme pasteur. Une voix d’une souplesse sidérante qui fait briller une vie pleine de renoncements et de rédemptions successives, de grâce et de plénitude, qui prend ce qui lui arrive comme un exceptionnel bonus.

Extrait de « Painted on Canvas »

Ce n’est pas seulement l’album d’un très grand chanteur. C’est aussi celui d’un vrai et habile compositeur qui aime laisser vivre et respirer ses morceaux emmenés par un redoutable quatuor de musiciens qui savent profiter avec jubilation de l’absence d’égo de leur leader.

Extrait de « On my way to Harlem »

Gregory Porter confesse qu’il a été largement influencé par son idole Nat King Cole jusqu’à en faire une forme de transfert paternel. Ce qui donne cette façon de chanter sans effort. Et comme si la technique était rangée au rayon des accessoires de l’histoire de la soul.

Extrait de « Imitation of life »

C’est le trompettiste Wynton Marsalis qui repère la nonchalance apparente de cet interprète exceptionnel. Gregory Porter, qui du haut de ses presque 2 mètres a dû renoncer à une carrière prometteuse dans le football américain a trouvé dans le chant une forme de revanche tranquille sur la vie, et une façon de rendre hommage à toutes ces figures de la musique noire qui l’ont aidé à porter des valeurs sociales et spirituelles fondées sur le don de soi. C’est ce qu’il prouve encore dans cette reprise a capella d’une chanson de Billie Holiday écrite en 1939.

Extrait de « God bless the child »

L’album s’intitule « Be good ». Cette façon de ne laisser que le meilleur l’envahir, vous pourrez la saisir en allant voir Gregory Porter en concert le 31 mai à Rouen, le 2 juin à Paris à La Cigale, le 5 à Cenon et le 9 juin à Blois.

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