C’est le grand retour de la chanteuse d’origine coréenne Youn Sun Nah que vous nous aviez fait découvrir il y a deux ans. Après l’immense succès de son album précédent « Same girl » gratifié en France, -performance rare- d’un disque d’or et d’une multitude de récompenses en Europe, elle revient avec « Lento », son huitième opus.

Enregistré en deux jours en une seule prise à Göteborg en Suède, le nouveau pari de Youn Sun Nah est celui de la lenteur et de la douceur réunies tout en misant sur une implication plus physique de sa voix. Comme si après avoir visité un répertoire jazz comme une étrangère, de locataire, elle devenait propriétaire de ses interprétations et de ses adaptations comme celle-ci, issue du prélude pour piano opus 16 n°4 d’Alexandre Scriabine

Extrait de « Lento »

Youn Sun Nah n’est pas une chanteuse traditionnelle de jazz. Elle s’irrigue à toutes formes de musiques. Classique, pop, traditionnels coréens dans lesquels elle va puiser des images d’enfance, cherchant sa vérité. Elle rend ainsi hommage à cette chanson qui passait à la radio coréenne, composé par Stan Jones et immortalisé par Johnny Cash. Rencontre du troisième type…

Extrait de « Ghosts riders in the sky »

Youn Sun Nah s’est particulièrement distinguée par ses reprises jazz et non homologuées de chansons issues de répertoires plus populaires. On se souvient d’une reprise du groupe Metallica, alors que sur ce disque elle s’attaque à Nine Inch Nails.

Extrait de « Hurt »

Il est déjà loin le temps où Youn Sun Nah débarquait dans un Paris, mille fois fantasmé et pour le coup bloqué par le mouvement social sur les retraites de décembre 1995. Elle vit cette étrange situation avec le sourire et la légèreté d’une fille qui découvre alors éberluée qu’un pays de paradis peut se mettre en colère. Elle garde en elle le souvenir de son mai 68 à elle lorsque le régime autoritaire de la Corée du sud vacillait sous le poids des manifestations de 1987 dont elle fut. Libre, depuis ce jour, elle dit qu’il faut être obsédé par la liberté. C’est ce qu’elle transmet à son complice guitariste suédois Ulf Wakenius qui la pousse à sortir d’elle même.

Extrait de « Momento magico »

Youn Sun Nah sera en concert pour une carte blanche au théâtre du Châtelet, à Paris, le 25 mars prochain.

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