« Trafalgar » est le deuxième album du groupe Archimède qui suscite un véritable engouement de la grande majorité de la presse écrite qui affirme qu’il s’agit de l’un des grands disques français de la rentrée.

Un groupe qui réussit à mettre d’accord les quotidiens « Libération » et « le Parisien », c’est le type de grand écart qu’on apprécie, et qui est sûrement dû au fait qu’au doux pays de la romance, on aime bien marier la posture musicale british avec le sens de la dérision acide.

Extrait « Tout fusionne »

Archimède est un duo originaire de Laval. Deux frères. Nico et Fred Boisnard. Dans une autre vie l’un était journaliste, l’autre banquier. Des garçons plutôt tranquilles, qui ne semblent pas répondre à la mythologie « Sexe, Drogue et Rock’n’roll », et donc très loin des chamailleries trash des frères Gallagher du groupe Oasis à qui on les compare souvent de façon très exagérée. Ils sont eux même. Point. C’est à dire la définition parfaite de ce que doit être la pop française, celle née de l’insolence du Play boy Dutronc au temps bénis des drugstores et de Renaud à l’époque où il était « énervant et énervé » faisant de la prosodie avec les petits et grands travers de l’hexagone. Archimède possède cette science du regard de biais, cultive la jubilation du sens de la formule, trouve toujours l’idée qui fait mouche pour devenir refrain lapidaire qui devrait faire plaisir au bronzés qui font du marketing politique.

Extrait de « Le bonheur »

L’album du groupe Archimède s’écoute d’une seule traite. Pas de temps mort. Pas de zapping possible. Des chansons courtes. 2’35 de bonheur en sprint. On se marre. Puis on est ému parce que ces deux frangins se souviennent des premiers jours de la rentrée des classes.

Extrait de « les premiers lundi de septembre »

Et puis c’est vite un coup de Trafalgar qui résonne à nos oreilles avec une chanson qui, en ces temps où les indignés rêvent d’un système alternatif, rend hommage aux petites mains. Et le fait que les grosses fortunes militent pour payer plus d’impôt n’y changera rien…

Extrait « Les petites mains »

Archimède groupe engagé. ? La réponse des deux lascars est sans appel : « Nous sommes plutôt un groupe dégagé ». En revanche, le titre de l’album « Trafalgar » est un pied de nez à tous ces groupes français qui ont cédé aux charmes faciles de la langue de Shakespeare. Prendre le nom d’une défaite napoléonienne pour planter le drapeau de la victoire pop made in France et faire de Laval le Liverpool du 21ème siècle. Trop fort.

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