Ce matin, vous nous présentez le treizième album du groupe Lo’Jo dont le titre est « Cinéma el mundo ». Une formation originaire d’Angers qui fête également cette année son trentième anniversaire.

LO’JO c’est la force motrice de Denis Péan, poète rare qui crée à la boussole et avance dans une caravane parfois imaginaire. Une sorte de sound system ambulant qui peut aller à la rencontre des mondes urbains, comme de ces déserts et de ces populations nomades. Souvent le voyage est immobile. Comme pour chaque album du groupe, « Cinéma El Mundo » est conçu comme un espace temps, où entrent des musiciens aspirés dans le sens de la hauteur par la liberté de création et l’idée qu’un disque est d’abord et avant tout une aventure humaine. Au cœur de laquelle on peut croiser Robert Wyatt, le cofondateur culte du groupe Soft Machine.

Extrait de « Tout est fragile »

Enregistré dans une immense bâtisse entourée de champs près d’Angers, « la fontaine du mont » est un studio ouvert aux quatre vents de l’itinérance et de la tolérance. Des visiteurs passent et repartent, offrent leurs voix, leurs sons cueillis dans leurs instants de grâce et mis au service d’un engagement non pas politique mais poétique.

Extrait de « La marseillaise en Créole »

Lo’Jo est selon moi, l’un des groupes les plus inventifs de la scène française. Parce qu’on a cette sensation que le groupe arrive toujours de quelque part, couvert de voyages, en route pour tous les chemins, ayant pénétré tous les interstices de la comédie humaine, imprégné de l’odeur des capitales, du son de la pluie, de la couleur des épices musicales comme dans cette évocation de Vientiane, capitale du Laos.

Extrait de « Vientiane »

Denis Péan est surtout le gardien d’un musée où il veille à la conservation de la parole toujours sacrée. Lui qui sait le prix précieux du verbe sait aussi parfois laisser parler la musique seule.

Extrait de « Comète algébrique »

Trente ans après ses débuts le groupe Lo’Jo a su rester fidèle à cette utopie : « recouvrir toutes les expériences mystérieuses qui ont en même temps un goût de sacré et de social ». C’est encore plus fort aujourd’hui où le monde est synonyme d’uniformisation. « Cinéma el Mundo » de Lo’Jo lui, poursuit son rêve d’unifier l’humanité par l’expression de ses différences.

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