Ce matin, vous nous présentez le nouvel album du pianiste de jazz italien Raphaël Gualazzi que vous nous aviez fait découvrir il y a deux ans. Immergé à l’origine dans le ragtime et le stride du début des années 1900, chaque album est pour lui l’occasion de confronter ses racines musicales à un jazz beaucoup plus pop.

Raphaël Gualazzi enregistre des albums qui font du bien. Nul ne peut contester le talent prodigieux de ce pianiste génial. Un « The artist » qui fait des claquettes avec ses doigts sur le clavier, des doigts élastiques dans leur souplesse, qui prolongent l’art de la virtuosité et de la joie d’un Duke Ellington ou d’un Fats Waller. Mais Gualazzi a depuis longtemps remisé les évangiles du jazz pour faire œuvre d’éclectisme et mettre son désir d’entertainment au service de sa musique qu’il qualifie lui-même de « Happy mistake ». Une sacrée joyeuse faute.

Extrait de « Baby what’s wrong »

Raphael Gualazzi s’amuse même dans son rôle de crooner qu’il n’est pas vraiment. Le plaisir de chanter porte à ouvrir encore davantage son univers, notamment à la comédie musicale, à la tradition du cabaret dans lequel il invite la chanteuse Camille pour un duo explosif produit par le grand arrangeur Vince Mendoza.

Extrait « L’amie d’un italien » (avec Camille)

Originaire d’Urbino, Raphaël Gualazzi n’a jamais oublié d’où il vient. Une cité profondément marquée par le mouvement créatif de la Renaissance italienne, un berceau de culture aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco qui semble avoir éparpillé ses fragments d’Histoire dans la structuration intellectuelle du musicien. Gualazzi ne néglige d’ailleurs ni sa culture qui lui fait adapter un extrait de Rigoletto, ni sa langue maternelle qui le rapproche alors d’un Paolo Conte.

Extrait de « Un mare in Luce »

Raphaël Gualazzi est chez lui sur scène. Il trouble tout ce qu’il touche. Les touches de son piano soumises à ses propres vertiges, comme les voix qu’il invite à chanter avec lui. Il est signé justement sur le label mythique « Blue note ». Avec Gualazzi, cette note bleue, c’est sans nul doute l’abaissement d’un demi-ton d’une note jouée. Mais jouée sur le mode majeur, où la joie est chargée de chasser la tristesse.

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