Ce matin, vous êtes avec nous en direct de Brazzaville dans le cadre du festival « Etonnants voyageurs ». L’occasion bien sûr d’évoquer quelques figures de la musique congolaise.Extrait de « Zanzibar (sur la route des caravanes) »Et de commencer par célébrer un anniversaire comme il se doit avec les Tambours de Brazza qui fêtent cette année leurs 20 ans d’existence. Et qui virent le jour à l’occasion d’un carnaval où s’étaient réunis tous les percussionnistes de différents ballets africains. Emmené par Emile Biayenda, le fondateur du groupe, ce nouvel album des Tambours de Brazza montre l’universalité donc la modernité de cet instrument considéré traditionnel. Le tambour sacré ngoma. C’est aussi l’occasion de célébrer la mémoire de deux artistes de l’histoire de la musique congolaise. Tata Moundanda Antoine, le père de la rumba moderne et joueur de Sanza et Kim C, percussionniste historique des tambours. Une chanson leur est dédiée « Mavoula », autre nom pour désigner Brazzaville.

Extrait de « Mavoula » Les artistes originaires de Brazzaville et qui vivent désormais en France se sont largement illustrés dans les années 90 et 2000 majoritairement sur la scène rap hexagonale. Ben J du groupe Neg Marron partagera ainsi le micro avec Roi David Demoukousse pour louer l’indépendance du Congo en 1960 et rendre hommage à ce qu’il convient de considérer pour lui comme le continent premier.Extrait de « Congo indépendance »Mystic, autre rappeur né au Congo, arrive en France avec des rêves de football avant de prendre le micro. Des plaies et des bosses pour cet enfant de la colère qui lui aussi parle de la difficulté de vivre avec ses racines. Comme d’ailleurs dans le dernier album des Tambours de Brazza, où il est question des immigrés qui reviennent frimer au pays dans leurs sapes en se gardant de raconter les galères dont ils ont souffert en France. Sans angélisme aucun, Mystic joue ainsi sur sa condition d’ex congolais.Extrait de « Ex congolais » Autre artiste d’origine franco congolaise, la chanteuse M’Passi qui s’illustra dans le groupe Melgroove en 1996 a un parcours singulier. Elle est née en France puis revient au Congo alors qu’elle est encore une petite fille. Elle confesse que ce sont les années les plus importantes de sa vie, et rend hommage à une jeunesse congolaise réellement structurante, même si cela passe alors par la culture de l’autorité.Extrait de « D’où je viens » M’Passi que l’on a vu également s’illustrer dans le collectif Bisso Na Bisso emmené par le congolais le plus célèbre de France. Né à Brazzaville en 1972, le rappeur Passi parvient à réunir des musiciens et chanteurs africains du Sénégal, de la Cote d’ivoire, du Congo Kinshassa et du Congo Brazzaville. Nous sommes en 1999 et le Bisso Na Bisso (qui signifie « entre nous ») devient le porte étendard du Congo et du panafricanisme dans le monde. Passi toujours très attaché à la musique Congolaise fait une apparition dans l’album de Roga Roga, auteur compositeur interprète, guitariste et l’un des héros du ndombolo considéré comme une variante de la rumba congolaise. Ce jeté de fesses, signification littérale du ndombolo d’aujourd’hui n’empêche nullement un appel vibrant à l’unité du Congo.Extrait de « Congo United » Ce panorama non exhaustif des artistes congolais qui ont su se faire entendre en Europe formulé, il reste maintenant qu’une dizaine d’heures à toutes les équipes de France Inter pour échauffer ses bassins. Selon le « Vivre à Brazzaville » de la géographe Elisabeth Dorier Apprill, il va nous falloir de la souplesse et du lâcher prise pour intégrer avant le grand concert de ce soir « le collé » tout en charge érotique, puis « le chauffé » qui aguiche, avant d’entamer « le boucher » avec ses ruades suggestives du bassin, ou le soukouss dont les Congolais disent qu’il nécessite un bassin monté sur roulement à billes, avant de s’achever avec l’hélico autre danse d’exorcisme, cette fois inspirée par la position de l’hélico de combat pendant l’attaque. Bref largement de quoi s’exprimer. Il y aura bien ce soir de la rumba dans l’air et le costume risque effectivement d’être bien de travers…

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