Ce matin, vous nous présentez un duo parisien, Isaac Delusion, formé depuis à peine une année et qui déjà commence à faire sérieusement parler de lui grâce à la publication de deux EP prometteurs.

C’est le grand mérite de la génération 2.0. Loïc Fleury et Jules Paco, amis de longue date au collège, passionnés tous deux par la renaissance du lyrisme dans la pop, ont tout de suite su harmoniser leurs envies pour produire spontanément quelques titres à l’inspiration somnambule. Alors oui, on parle sans cesse de la crise, mais dans le marasme ambiant, il faut saluer ceux qui ne veulent pas se résigner et qui ont décidé coûte que coûte de produire sans attendre des lendemains qui chantent dans un dispositif économique viable. C’est beau parce que c’est simple sans calcul, et sans démonstration. Le « Do it yourself » de la génération blog appliqué à la musique.

Extrait de « Midnight sun »

C’est dans leur appartement de Vincennes chez leurs parents qu’ils ont imaginé leur musique sous l’arc de l’inspiration divine de Patrick Watson, Jeff Buckley et Neil Young dont l’album « Harvest » a soufflé comme un coup de semonce certes tardif mais décisif. Le groupe Isaac Delusion en deux EP et 9 titres au total réussit à nous offrir le sens réel de la production artistique, un amour de la mélodie et une liberté totale qui leur permet de ne pas s’enfermer dans un registre uniquement électronique comme en témoigne ce morceau.

Extrait de « Sand castle »

Isaac Delusion c’est aussi une façon assez décomplexée et naturelle de progresser. Sans frime, loin de la dictature de la posture, avec l’envie de se coltiner aux expériences les plus déterminantes comme de baliser toutes les scènes parisiennes, ou de jouer au très exigeant Pitchfork festival ou encore de se risquer dans une mini tournée américaine. C’est avec la même envie de partager qu’ils produisent leurs morceaux, cherchant à ne pas répondre à un diktat artistique, pouvant aussi s’inventer du coté de la piste de danse.

Extrait de « Supernova »

Abrité et porté par un le collectif Cracki, label activiste qui sait bien parler pour eux, voulant réanimer les nuits parisiennes, à l’image des organisateurs de rave des années 90, désirant tout faire dans les règles mais en les détournant. C’est aussi ce qui se passe dans la musique d’Isaac Delusion.

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