Vous nous présentez ce matin, le quatrième album du groupe Beach House composé d’Alex Scally et Victoria Legrand qui n’est autre que la nièce du grand compositeur français. Enregistré et mixé en neuf semaines entre le Texas et New York, le disque s’intitule « Bloom », ce qui signifie « fleur ».

Une fleur dont il faut comprendre qu’elle est pensée, imaginée dans l’intégralité de son existence. Comme ces fleurs des champs, qui offrent un bouton qui éclot puis qui se fanent pour mourir en espérant vivre une renaissance. Ce sens de la métaphore peut ainsi être appliqué aux compositions de ce nouveau disque du groupe Beach House, aux structures sinueuses et indolentes conçues comme si chaque titre démarrait sur une question pour s’achever par la réponse.

Extrait de « Myth »

L’album a été écrit en grande partie à Baltimore, puis enregistré dans une maison perdue dans le Texas et mixé au légendaire studio Electric Lady à New York où plane toujours l’ombre tutélaire de Jimmy Hendrix. Mais il a été aussi largement inspiré par les sentiments contradictoires que tout artiste peut vivre lors de ses tournées. Un vertige permanent, fait de rencontres furtives mais souvent très fortes. Avec ces moments d’intensité à la fin de chaque concert, suivi d’une dépressurisation émotionnelle propice – paradoxalement - à la création. Il y a de cela dans ces morceaux de Beach House qui incitent au moins au voyage immobile, au mieux à tout de suite prendre la clé des champs avec dans les oreilles ces chansons nées dans une matrice onirique.

Extrait de « Troublemaker »

Dix morceaux luxuriants, où il est question de saisir ce que Victoria Legrand dénomme dans le magazine Brain « la musique dévastatrice », comprenez celle qui peut changer une vie ou un individu. Une forme d’ambition pas si naturelle que cela, qui n’est envisageable que si l’on est prêt à se faire déposséder par l’émotion que suggère un morceau.

Extrait de « On the sea »

Le groupe Beach House est depuis sa création en 2005 l’une des valeurs choyées par la blogosphère alors que le groupe lui-même ne cesse de stigmatiser la culture Internet. Ils n’aiment ni le format MP3, ni cette culture de la vitesse. Leur disque fleur rêve d’éclore en plongeant dans l’éternité des disques de légende.

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"Encore un matin" revient en direct le lundi 28 mai.

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