Vincent Liben est un auteur-compositeur originaire de Belgique, qui après un parcours dans le groupe rock anglophone « Mud Flow », signe un premier album solo de 11 chansons à la tonalité très pop.

Et ce Vincent Liben a quelque chose en lui qui ravive en nous de bien jolis souvenirs. Comme si l’on retrouvait un carbone troublant de Yves Simon devisant au pied des tours de Manhattan avec Serge Gainsbourg sur les vertus des accords parfaits dans une chanson pop et française.

Extrait de « 30 décembre »

La belle voix de basse de Vincent Liben s’enroule sur des mélodies ciselées qui pourraient nous faire penser que le garçon est une sorte d’encyclopédie de cette chanson française née de l’après mai 68, celle qui aimait soigner autant le fond que la forme. Et pourtant juré craché, ce jeune belge confie qu’adolescent il n’a écouté que du rock. En particulier ses idoles, Kurt Cobain et REM. C’est l’histoire d’un artiste qui découvre donc seulement aujourd’hui la chanson française et son histoire. On observe donc qu’en composant ses propres chansons, le garçon a vite rattrapé son retard.

Extrait de « Le soleil et la mer »

Il a suffit que Vincent Liben se décide à écrire en français pour que tout à coup surgisse en lui tout l’inconscient de cette pop française très mélancolique dont on trouve les fondations dans les années 70. Yves Simon donc en guide, premier de cordée, avec à sa suite un Souchon pris de vertige, celui d’à peine 30 ans, assis parterre un beau matin fatigué, puis Jean-Michel Caradec et sa petite fille de rêve, pas loin de Nicolas Peyrac prisonnier dans l’hiver de San Francisco, ou de Philippe Chatel traquant sa lycéenne… L’album de Vincent Liben héritage inconscient d’une histoire qu’il n’a pas vécu réussit néanmoins à être très personnel. Truffé de chansons intimes. Etranges cartes postales, scènes de vie, souvenirs d’en France, portraits impressionnistes de vies délabrées ou contrariées.

Extrait de « la fille du canal »

Vincent Liben raconte qu’il a commencé à écrire des chansons très tôt à l’âge de 7 ans. En prenant une cassette des Shadows, en rajoutant une mélodie, tout en s’improvisant une batterie avec des verres de cuisine. C’est ce qu’on appelle sûrement une vocation qui se transformera peu à peu en obstination. Pour traquer la simplicité dans des arrangements toujours sophistiqués.

Extrait de « Camélia »

La filiation et la transmission sont au cœur de ce disque et de ses chansons de poche. « A chaque seconde je m’étonne du mal que peuvent faire les hommes aux autres hommes, c’est la condition de l’allumette qui brûle en moi et qui consume ma tristesse ». Cette tristesse que chante Vincent Liben a des vertus puisqu’elle allume notre envie de belles chansons. Si possible les siennes.

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