Il y a deux ans (le 10 janvier 2010) disparaissait Mano Solo et il y a quelques semaines, sortait un dernier album live enregistré le 12 novembre 2009 à l’Olympia qui démontre que l’artiste a eu besoin de chanter jusqu’au bout.

Dans le sobre livret intérieur du disque, il est écrit : « ce disque est un cadeau, le dernier que nous tenions à faire à tous les fans présents ce fameux soir, à ceux qui n’ont pas pu assister à ce concert incroyable. Ce disque est un cadeau, le dernier de Mano ».

Extrait de « Les endurants »

Les derniers pas sur scène de Mano Solo offrent à ce disque une dimension bouleversante et historique. Mais, souvenons-nous aussi de Mano Solo qui montait toujours sur scène comme si c’était la dernière fois. C’était sa manière poétique de vivre. Urgentiste de l’amour, de la colère, de la résistance, la scène fut sa raison de vivre, son éden, son seul pays où pour être résidents, il fallait forcément être indignés et aimer cette chanson qui relie Damia, Tom Waits et Renaud. Mano Solo, frêle comme un roseau qui ne rompt pas, avait choisi ce soir là de livrer ses dernières forces dans un rendez-vous d’amour à la tonalité plutôt très rock même si l’accordéon était toujours là.

Extrait de « Je n’y peux rien »

Mano Solo, c’est l’histoire d’un vivant, excessivement vivant qui avait pris à l’âge de 15 ans un drôle de chemin, des épines plein les bras qu’il avait réussi à extirper, jouant du poing – parfois- avec le showbiz, usant de la chignole avec les justiciers, les « pères la morale ». Enfant de la cambriole, roi de la marmaille nue, petit gars des faubourgs, Mano Solo était né pour chanter au milieu d’un champ de mauvaise herbe. La chanson était sa façon de respirer restant jusqu’au bout fidèle à l’organisation qu’il avait crée : l’internationale des Shalala qui lui fera dire encore une fois ce soir là : « vive le chant et la révolution ».

Extrait de « Shalala »

Aucun enregistrement additionnel n’a été réalisé en studio après ce concert pour nettoyer, arranger, modifier, corriger, embellir… Ce disque est entier jusque dans sa finalité puisqu’il est produit au profit de l’association FAZASOMA qui vient en aide aux populations de Madagascar, livrées à elles-même et à l’indignité de la précarité. De son vivant, Mano Solo avait dit : « c’est énorme ce que l’on peut faire là-bas, avec notre peu d’ici ». Puissions-nous garder sa flamme et sa force en héritage.

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