Ce matin, vous nous faites découvrir le collectif « Fauve ». Cinq garçons qui n’ont pas tout à fait la trentaine mais qui en seulement quatre chansons disponibles gratuitement sur le Web et quelques concerts performances, sont déjà en train de provoquer une incroyable rumeur.

Pour tout vous dire, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu des textes de chansons qui supportent à ce point une lecture à blanc, c’est à dire sans musique. Et pourtant, si l’on part du simplissime principe brassenssien que la chanson, c’est d’abord l’alliance harmonieuse d’une mélodie et de mots faits l’un pour l’autre, on ne devrait donc pas s’arrêter à cette appréciation. Mais quand même, il suffit de lire le texte de « Sainte-Anne » pour réaliser qu’il est peut-être en train de se passer quelque chose dans la pop hexagonale.

Extrait de « Sainte-Anne »

Portrait d’une génération de centre-ville, une génération désabusée qui s’est construite sur les principes de réalité et de précaution. Nous sommes loin de ce que pourrait évoquer le nom même de « Fauve » qui fait spontanément fleurir des notions de sensualité, d’animalité et de mondes interlopes. On pense aux « Nuits Fauves » de Cyril Collard et l’on tombe alors sur une chanson qui semble échappée précisément de l’un de ses romans où l’écriture scriptée et vénéneuse de Collard faisait merveille.

Extrait de « Nuits fauves »

Le nom Fauve a commencé à circuler avant même d’avoir réellement existé. Syndrome et symptôme d’une époque où la notoriété va désormais plus vite que la musique. C’est le paradoxe Fauve, collectif qui ne demande qu’à prendre son temps et à être jugé sur pièce. Si la toile, berceau naturel du buzz est pour beaucoup dans cet affolement, on est cette fois surpris d’observer que la presse traditionnelle n’est pas en reste. L’édition du Monde du samedi 5 janvier dernier consacrait presque une pleine page au phénomène naissant, l’hebdomadaire Télérama s’en faisait aussi l’écho. Cinq garçons qui travaillent le jour dans la vraie vie pour chanter la nuit dans la vie rêvée des anges résistants à la douleur ambiante. Cinq garçons qui parlent tous d’une même voix et qui savent aussi émouvoir comme dans cette chanson qui pourrait être le pendant 2.0 de la chanson « Manu » de Renaud. Autre temps, autre style, mais même hargne.

Extrait de « Kané »

Le groupe sur scène propose une scénographie où la vidéo fait partie intégrante de son monde. Il faudra suivre et rester éveillé pour partager ces nuits fauves qui paraissent plus belles que nos jours.

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