Voici un nouveau venu dans la chanson, dont le nom d’artiste est déjà une singularité. Jacques Air Volt.

Jacques Air Volt. Nom à trois résonnances. Jacques pour Dutronc. Air pour l’inspiration french touch et Volt en hommage à sa maman Lou Volt qui fut chanteuse dans le grand orchestre du Splendid. Si vous rajoutez à cela que le bien nommé Jacques Air Volt est également le fils de son père, Albert Marcoeur que les exégètes de la musique ont considéré comme le Franck Zappa français, vous prendrez la mesure du talent inclassable de cet artiste déviant qui creuse le concept de la chanson fusion…

Extrait de « Enfermé dehors »

La voix est belle (Murat en embuscade), les envolées psychédéliques entre jazz fusion et pop expérimentale, attestent d’une volonté de se situer dans une grammaire musicale où la chanson est transformée, déstructurée, avec en supplément au programme une jubilation de la rupture harmonique. Jacques Air Volt ne livre pourtant pas une chanson inaccessible ou élitiste. Il n’aime pas les formats. C’est différent. Il est à la chanson ce que la haute couture est au prêt-à-porter. Il a du style, de l’élégance, et de l’audace comme dans cette chanson, variation sur les élucubrations d’un étrange passager du Père Lachaise qui philosophe sur la vie et la mort comme de bien entendu.

Extrait de « Dernière division »

Avec Jacques Air Volt, la chanson française est bousculée, questionnée, travaillée et produite dans la perspective de renouer avec sa meilleure combinaison expérimentale lorsque Gainsbourg éclatait son imaginaire dans une pop onirique et libre, ou lorsque Baschung cherchait à renaitre à la lisière des années 80 dans une matrice loufoque.

Extrait de « Royal touch’ »

On flotte de Nick Drake à… Franck Zappa. Et l’on tombe donc sur Jacques Air Volt, et son EP 6 titres intitulé « attendre » qui précisément ne nous donne guère envie de le faire suscitant notre impatience à découvrir rapidement la suite de ses embardées créatives. Jacques Air Volt est autoproduit sur le label « mange disques ». Des chansons comme les siennes, on veut bien en manger à tous les repas. Et pas uniquement au petit déjeuner.

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