Voici le nouvel album studio de Bertrand Burgalat, artiste multiple, à la fois patron de son propre label, producteur, et de temps en temps chanteur. Il revient cette semaine avec un disque qu’il a intitulé « Toutes directions ».

Bertrand Burgalat, initiales BB, est finalement très Vème République puisqu’il sort son nouveau disque, un quinquennat tout juste après le précédent. Le titre « Toutes directions » est aussi inconsciemment en phase avec cette période électorale où Bertrand Burgalat semble nous dire qu’il est pris au piège de celui qui ignore où il va tout en sachant qu’aucune route ne mène nul part. C’est cette ligne du parti qui caractérise cet esthète de la nonchalance, cet auto entrepreneur de l’élégance à la française, cet autoproclamé fantassin de nos frivolités

Extrait de « Bardot’s danse »

Longtemps Bertrand Burgalat s’est dit « il faut que je chante juste ». S’il a toujours choisi la distance pour ne pas se prendre pour le chanteur qu’il n’est pas, il trouve avec ce disque pop une nouvelle justesse de ton. Celui que l’on a souvent signalé comme un disciple de Burt Bacharach ose ici être davantage dans le fond des choses. La légèreté est certes un programme qu’il convient d’appliquer, mais Burgalat nous dit « la vie facile, c’est de cela qu’on meurt. C’est mon père qui me l’avait chuchoté. Faut-il que nos pères disparaissent pour qu’on les écoute ».

Extrait de « Voyage sans retour »

Bertrand Burgalat décide aussi de regarder le monde par ses lieux. Les mille et une nuit de Dubaï, grosse entreprise de soleil climatisé qui ne connaît pas la crise ou encore ce Bar Hemingway, révélateur autobiographique. Parler de tout ce qui fait mal et y mettre les formes. Cela donne mourir en grand dans de beaux draps cousus par un ouvrier de la pop qui ne craint pas la délocalisation…

Extrait de « Sous les colombes de granit »

Bertrand Burgalat chantait jadis dans un portrait robot « je suis seul dans ma chanson ». Désormais, il semble avoir trouvé le plaisir de la multitude. Et comme patron du label Tricatel qui tient son nom, faut-il le rappeler, de l’usine de la malbouffe du film « L’aile ou la cuisse » il peut rappeler sa devise : « une féerie de nappes en papier et de cœurs qui chavirent sous les tonnelles de l’hédonisme » ?

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