Voici le premier album du groupe « La Femme », créé par Marlon et Sacha, deux passionnés de musique qui se sont rencontrés au lycée à Biarritz et qui ont créé un collectif masculin/féminin à géométrie variable, où les garçons écrivent et composent avant d’inviter des voix féminines à incarner leurs morceaux.

Extrait de « La femme »

Ce titre que l’on entend depuis quelques semaines déjà sur France Inter n’est qu’une facette de cet album aux sonorités foutraques. Ambiance générale surf musique, origine biarrote oblige, mais pas seulement. Comme La femme est un collectif, sa musique est une collection d’influences déviantes entre des vagues musicales qui se télescopent et sur lesquelles ma foi il est peu aisé de surfer. Synthés vintages des années 80, des soubassements rockabilly qui viennent percuter une ambiance plus berlinoise. On y perd au passage son lexique musical et la notion de l’époque exacte dans laquelle s’inscrivent ces chansons malines et délicieusement psychédéliques.

Extrait de « Hypsoline »

L’album s’intitule « Psycho tropical Berlin » comme si La femme voulait d’emblée nous prévenir qu’il faut savoir jouer avec des sensations contradictoires. La nostalgie yéyé n’étant plus ce qu’elle était, le revival des années 80 étant lui aussi largement essoré, le collectif surfe sur ces vagues en allant chercher le côté obscure de leur force. Mélodies de synthèse ensoleillées sur spleen lancinant d’une génération qui ne croit plus à la septième vague, même sous acide.

Extrait de « Nous étions deux »

Vent off shore, qui creuse la vague idéale et ramène sur sa crête les humeurs venus du ciel de Jacno… Sur le sable en écume, Ennio Morricone, Kraftwerk et John Carpenter tentent de redonner des sensations à cette femme décidément toujours à côté.

Extrait de « Le blues de Françoise »

Yéyé et punk à la fois, cette femme qui a déjà fait sensation aux Etats-Unis lors d’une première tournée de trente dates s’apprête désormais à ouvrir son cabinet des curiosités un peu partout en Europe. La femme d’aujourd’hui est moderne, stylée, courtisée et insaisissable. Il faut toujours chercher la femme sans être sûr de la trouver. Tout le charme de ce disque.

Bonus. Retrouvez une interview de La Femme, tournée à Berlin lors du Reeperbahn festival, par Matthieu Culleron

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