Vous nous présentez un groupe originaire de Perpignan, encore inconnu en France mais déjà repéré aux Etats-Unis, où il vient de signer avec un label américain grâce à la mise en ligne de deux de ses titres sur Internet. Son nom : the Liminanas.

Cela ressemble à un conte de fée underground. Lionel et Marie Liminiana, couple à la ville comme à la scène, possède à son actif déjà deux albums et cinq singles, tous été signés par deux labels de Chicago. Leur son délicieusement psychédélique et yéyé à la fois, est une invitation à la subversion pop qui visiblement parvient à transcender les barrières de la langue.

Extrait de « Je ne suis pas très drogue »

C’est l’empire des sens et de la dérision réunis dans un même home studio. Marie est à la batterie et Lionel joue de tous les autres instruments. Ensemble, ils concoctent une musique déjantée, irrévérencieuse. Un son aigre, qui crisse et jaillit d’une console analogique avec déraison. Pas ou peu d’effets et surtout la nécessité de faire revivre de leur grenier à mémoire le souvenir d’une utopie. Celle de la nouvelle vague musicale qui de fait n’a jamais vraiment existé. Comme si un Jean-Luc Godard yéyé et psyché avait existé dans la musique des années 60. Avec pour principe, le duo amoureux désinvolte.

Extrait de « Mountain »

Bien sûr l’ombre tutélaire de Gainsbourg plane sur l’inspiration du groupe. C’est aussi ce qui séduit la presse outre atlantique à l’image du magazine Vice qui a écrit « Si le velvet underground avait écrit des musiques avec Serge Gainsbourg, cela aurait sûrement donné The Liminanas ». C’est ce côté excessivement français et insolent qui leur a permis de partir en tournée, de New York à Nashville en passant par Chicago. Avec tout ce que cela comporte aussi comme clichés sur notre vieux pays, puisque certains journalistes les imaginent passant tout leur temps à boire du vin en grignotant du fromage. Bref de vrais Français qui perpétuent le souvenir du génie Gainsbourg qui lui aussi, si l’on y réfléchit bien, a mis du temps à être prophète dans son pays.

Extrait de « Ballade pour Clive »

Désormais, c’est en France que doit se jouer le destin de ce groupe dont les disques ne sont disponibles pour l’heure que sur les plateformes de téléchargement. Le plaisir du tube n’attend pas.

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