Voici le deuxième album de Soap and Skin, emmené par la jeune chanteuse autrichienne Anja Plaschg, qui aura 22 ans en avril prochain et qui montre une incroyable maturité.

Encore un matin où je suis franchement heureux de me lever pour faire partager un disque à la fois ambitieux, envoutant et bouleversant. Se taire donc et commencer par écouter.

Extrait de « Vater »

C’est une chanson de douleur, et de rédemption à la fois qui a pris un an à s’écrire. Anja accrochée à son piano qu’elle fréquente depuis l’âge de six ans chante une prière à l’adresse de son père disparu en 2009. Du recueillement, au besoin d’exorciser la peine, la voix griffée, Anja danse avec son fantôme qui la caresse comme un courant d’air, souffle de vie sur son piano qui semble se fondre dans le romantisme noir d’un Sergueï Rachmaninov.

Extrait de « Vater » (2)

Anja Plaschg a grandi dans un petit village de Styrie où ses parents élevaient des porcs charcutiers. Elle s’évade avec son piano, puis avec le violon, enfin avec la peinture. Elle sort son premier album qui la révèle au public autrichien, mais elle revient toujours auprès de ses parents, et découvre deux jours avant la disparition accidentelle de son père qu’elle réalise pour lui une partie de son rêve secret. C’est un cri de douleur.

Extrait de « Boat turns toward the port »

Le nom d’artiste qu’elle choisit Soap and skin, littéralement « savon et peau » est à la mesure de la complexité de cette artiste en équilibre constant entre pop mélancolique et paysages sonores tourmenté de l’explorateur électronique Aphex Twin. Mais même lorsqu’elle s’attaque au tube des années top 50 de Desirless, elle fait œuvre de transcendance.

Extrait de « Voyage voyage »

L’album de soap and skin s’intitule « Narrow ». Il est l’exacte illustration d’un moment entre souffrance et résilience. La plus belle façon d’éliminer la mort en restant en vie.

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