Six ans après leur premier album, le groupe « The Little Willies » emmené par la voix de Norah Jones, revient avec un nouveau disque intitulé « For the good times ». L’occasion pour la chanteuse, connue pour ses albums de jazz, de s’identifier à la country.

Extrait de « For the good times »

Cette chanson est signée Kris Kristofferson, l’une des figures texanes de la musique country. Ainsi, pour Norah Jones qui a longtemps vécu à Dallas, rendre hommage à ses héros de la musique country c’est affirmer que la bande son de sa jeunesse a forgé une part importante de son identité musicale mais aussi et surtout, de son identité pour le coup nationale. Cette musique raconte l’Amérique profonde, celle de ses saloons de la mélancolie, de ses motels fatigués, de l’errance de ces personnages romanesques souvent abîmés, de la sédentarité pathologique de ses vétérans de la terre, et de ses routes interminables souvent rectilignes qui saignent la solitude des grands espaces. La country c’est aussi ce décor sonore, compagnon de route obligé des routiers qui ont eux aussi leur propre standard comme celui-ci.

Extrait de « Foul owl on the prowl »

Norah Jones a très vite recontacté avec ses racines musicales alors que le succès de ses ballades jazz devenait planétaire. « Going back to my roots », ce fut sa façon à elle de retrouver le plaisir de l’anonymat, la nécessite de renouer avec une liberté de mouvement. Dans son premier album, Norah Jones avait réalisé le rêve de chanter avec Dolly Parton, la diva absolue de la country. Dans ce disque elle lui rend à nouveau hommage avec la reprise de l’un de ses plus grands succès.

Extrait de « Jolene »

Après Isabelle Boulay, avec la complicité de Benjamin Biolay en novembre dernier, qui avaient ensemble réussi un très beau disque, Norah Jones et son groupe « The Little Willies » nous offre l’opportunité de mieux comprendre cette musique qui puise sa nature dans les tragédies humaines, la misère, mais aussi dans le partage des valeurs sociales communes. Une musique qui rend la crise plus douce. Ce qui en fait toute sa modernité.

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