Ce matin, à l’occasion de cette matinale spéciale consacrée au Mali, vous nous faites découvrir une compilation intitulée « Mali All Stars » qui rend hommage au studio Bogolan, à Bamako et qui depuis 10 ans, est la plaque tournante de la musique malienne.

Plus de 100 m2 d’espace d’enregistrement dédié à la musique, trois cabines de prise, une pour le mixage et une vision dans sa conception même qui immerge la tradition à l’ère numérique, tel est le studio Bogolan qui incarne la puissance créative de la musique malienne. C’est aussi le lieu vivant d’une culture profondément ouverte sur le monde que l’on doit à son éclaireur disparu, Ali Farka Touré, qui a tant fait pour le rayonnement de la musique malienne.

Extrait de « Erdi » par Ali Farka Touré

Ce frère africain de Ry Cooder, malgré son succès au moment de l’explosion de ce que l’on appellera la world music, n’a jamais cédé à la tentation de l’exil pour se mondialiser. Ali Farka Touré incarnera toute sa vie durant, ce besoin de faire de l’Afrique le continent affranchi de son lourd passé colonial. Ainsi pour lui, la musique africaine doit s’imaginer et évoluer de son berceau de naissance. Ainsi est née l’idée de ce studio installé au cœur du quartier Quinzambougou qui depuis 10 ans a réussi à faire vivre la musique malienne jusque dans sa plus jeune génération, comme en témoigne Nampe Sadio, porteur de la tradition des griots d’aujourd’hui.

Extrait de « Amaldeme » par Nampe Sadio

Ali Farka Touré disait à propos du blues noir américain : "Moi, j'ai la racine et le tronc, eux ils n'ont que les feuilles et les branches". Mais depuis 10 ans, à travers le studio Bogolan, se joue la confrontation pacifique mais en perpétuel mouvement de la musique pop avec la culture traditionnelle. Ici c’est l’héritage qui questionne le futur et non le contraire.

Extrait de « Yiri Doulen » par Mangala Camara

Aujourd’hui le voile sombre de l’actualité vient perturber le sens et la mission même de la musique malienne. Cette capacité de terre d’accueil, cette vertu de mixité naturelle, ce pouvoir d’attraction qui fait que de Damon Albarn en passant par M jusqu’à la chanteuse islandaise Björk, on a pu assister à la réelle portée d’un dialogue musical nord/sud, débarrassé de l’affreux stigmate de l’exotisme.

Extrait de « Hope » par Björk

De l’espoir, il y en a beaucoup dans ce double album, trait d’union entre le Mali et le monde. Cette fraternité de la création, on pourra aussi la vivre le 2 février prochain au centre Fleury Barbara à Paris, à travers un grand concert qui sera donné à partir de 20h.

Et ce concert sera enregistré par France Inter et diffusé dans « L’Afrique enchantée » le dimanche 3 février à partir de 17 H.

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