Aujourd’hui sort le nouvel album de Camille et c’est évidemment un évènement.

Extrait « Aujourd’hui »

En ce jour de naissance du quatrième album de Camille, c’est le miracle de la maternité qui inonde son nouveau disque. Non pas que la chanteuse en fasse un thème central de son nouvel opus, mais parce qu’on le sent bien, il fut une sorte de préalable pour traduire la transformation du corps d’une femme qui a toujours fait parler le sien avec sa voix. Parce que depuis ses débuts Camille nous enseigne que le premier instrument c’est le corps. Elle en fait sa caisse de résonnance, sa chambre d’écho. Un espace intérieur dédié à la procréation qui devait donc se confronter à la création de nouvelles chansons. Au final le disque de Camille porte en seize chansons le mouvement vibratoire du mystère de la création qui commence quand même par la chimie de l’amour

Extrait de « Wet boy »

Camille a ce talent de pouvoir allier son instinct de femme balayée par son imaginaire avec une vraie recherche cérébrale sur la voix. C’est la tête et les jambes. Ou plus précisément : la tête et la voix. Rarement une chanteuse nous aura ouvert à ce point son coffre de l’intime. Selon Ravi Prasad qui est un chanteur qui a travaillé sur les liens entre voix humaine et chant sacré, la respiration est le premier élément permettant d’entamer le voyage dans les profondeurs de notre être. Et cette respiration profonde traverse toutes les chansons de Camille avec une intensité rare. On peut même parfois avoir cette sensation que les chansons de Camille aident à apprendre à mieux respirer.

Extrait de « Le berger »

Camille fait entrer dans une chanson pastorale moyenâgeuse une part de la mémoire patrimoniale indienne. Parce que Camille s’autorise tout et sait aussi s’amuser. La voix humaine renvoie aussi en premier lieu à l’enfance et ses insolences comme elle le faisait dans son disque « le fil » mais elle est aussi le vecteur de réjouissances toute féminines

Extrait de « Le banquet »

L’album de Camille s’appelle Ilo Veyou. La chanteuse l’a étrenné lors d’une série de concerts à la chapelle du couvent des Récollets à Paris dans une mise en scène d’une éblouissante sobriété. Portée par la mise au monde de ce disque, Camille nous offre aussi sa vision de la résistance à ce monde détaché de la vitesse et de la mémoire. Ses chansons sont la source de l’être qu’il faut boire pour étancher notre soif de l’avoir. C’est assez prodigieux.

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