Ce matin, vous nous offrez des extraits des « Introuvables de Jacques Canetti », deux coffrets composés de quatre disques qui reviennent sur le parcours de ce directeur artistique, révélateur de talents qui s’est notamment illustré en faisant chanter les comédiens et les comédiennes.

Extrait de « Les wagons longs de lits » par Jeanne Moreau

Nous sommes en 1967 et nul n’a oublié la chanson « le tourbillon » que Jeanne Moreau a enregistré en 1962 pour le film de François Truffaut « Jules et Jim ». Elle est l’œuvre du peintre et écrivain Serge Rezvani qui pour écrire des chansons prend le pseudonyme de Cyrus Bassiak. Jeanne Moreau et Bassiak c’est l’alchimie qui fait naître un genre de chansons reconnaissables entre tous. C’est le blues indolent, titre d’ailleurs d’une chanson que Jeanne Moreau incarnera. La nonchalance piquante de la voix de Jeanne Moreau alliée à la spontanéité mélodique de l’autodidacte Bassiak fait merveille.

Extrait de « Les mains sur les tempes » par Jeanne Moreau

Jacques Canetti est directeur artistique, le jour chez Philips puis Polydor, et la nuit au théâtre des trois Baudets, véritable scène ouverte aux nouveaux talents de la chanson. En 1962, il vit une rupture idéologique au moment où le disque passe de l’artisanat au stade industriel. Le son devient un critère essentiel pour bâtir et juger une chanson alors que Canetti s’attache au territoire du jeu de l’interprète qui trouve sa propre partition sur des mots qui souvent ne lui appartiennent pas. Il est aussi le catalyseur de rencontres comme celle de Boris Vian avec Magali Noël.

Extrait de « J’coûte cher » par Magali Noël

Lorsque Jacques Canetti parlait de Serge Reggiani chanteur, il disait « chaque chanson devient une pièce de théâtre ». A l’écoute de ces huit disques, on sent bien que Canetti cherche à révéler des interprètes qui peuvent être dépassés par leurs propres chansons. Comme c’est le cas avec Judith Magre qui en 1976 chante les textes d’une poétesse inconnue Esther Prestia sur des musiques de Louis Bessières.

Extrait de « La prostituée » par Judith Magre

Extrait d’un album sans concession à la tonalité sombre qui montre que Canetti jusqu’au bout, n’a eu de cesse de répondre à ses intimes convictions. Celles des défis, des premières fois, de l’émerveillement, des commencements. Celles, surtout, de traquer la force majeure d’un art mineur.

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