Voici le quatrième album studio d’Alex Beaupain qu’il a intitulé « Après moi le déluge ». Douze nouvelles chansons inspirées encore et toujours par le sentiment amoureux, terrain d’inspiration presque exclusif du chanteur.

Après la pluie qu’il a beaucoup chantée pour nous faire partager ces amours contrariés, pas de soleil apparent, mais un déluge proclamé. C’est Alex Beaupain tel qu’en lui-même, cherchant la cruauté dans la légèreté parfois indécente de la variété. Amour mode d’emploi, ou comment quitter l’être aimé et souhaiter son malheur. Au jeu des liaisons dangereuses, Beaupain rajoute le jeu de mots sur un rythme de piano cardiaque qui nous ramène à un Sheller à la recherche de ses filles de l’aurore.

Extrait de « Après moi le déluge »

Chanson rosse qui voudrait être rose, c’est ainsi souvent la chanson d’amour selon Beaupain qui se rêve tout de même marchand de sirop pour protéger nos élans du cœur. Se rêver punk dans un show des Carpentiers, s’improviser Barthes au top iTunes, persister à faire un chanteur désenchanté pour une génération qui frôle la quarantaine et qui voudrait garder fière allure.

Extrait de « En quarantaine »

Ce qui fait le charme d’Alex Beaupain c’est de ne pas chercher le bon goût à tout prix, de ne pas être régulier dans son inspiration musicale, d’où la volonté d’aller chercher pour ce nouveau disque des collaborations d’artistes comme Julien Clerc ou La Grande Sophie pour écrire des musiques qui ne font jamais le choix entre la pop et la variété. Puisqu’au bout du chemin c’est le style vif et implacable de l’écriture Beaupain qui provoque des tempêtes de lucidité sous nos crânes affligés.

Extrait de « Vite »

Y’a du Souchon dans l’air en ces temps incertains. Et il se trouve que cela redonne des couleurs à la chanson française. Inspirée, elle devient grande, très grande comme dans cet état des lieux objectif et sans détour.

Extrait de « Je suis un souvenir »

Les chansons de Beaupain sont toujours pensées et écrites à partir d’une bonne idée. Chez lui « que reste-t-il de nos amours ? » devient « que reste-t-il de nos grands soirs ? » Nous aurions d’ailleurs dû écouter plus sérieusement sa chanson « Au départ » qui fit les beaux jours de la campagne du candidat Hollande il y a moins d’un an. Un parallèle entre une histoire d’amour et l’itinéraire de la gauche au pouvoir. Du coup de foudre, à la cohabitation, de l’espoir à la désillusion. La preuve par l’exemple que l’on doit toujours écouter Beaupain pour savoir où nous en serons demain.

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