Ce matin vous revenez sur la sortie au mois d’octobre du premier album du groupe Concrete Knives, originaire de Flers, près de Caen et berceau de naissance d’ailleurs de notre ami François Morel.

Flers, qualifié d’ailleurs dans Les Inrocks par le leader chanteur guitariste du groupe comme je cite « une ville très enclavée dans le bocage normand mais très ouverte, atypique et scrutée par les sociologues comme un modèle car les communautés issues de l’immigration y sont proportionnellement les plus importantes ». Une ville d’origine donc où la question de l’identité ne se pose pas. Ce qui se retrouve finalement musicalement dans la musique du groupe. Solaire, immédiate, nerveuse, débridée, brûlée et transgenre.

Extrait de « Happy Mondays »

C’est l’histoire d’un groupe de lycée, fasciné par la pop et qui conçoit ses disques dans une énergie qui est plus proche de celle du hip-hop, sans en avoir pour autant la couleur. Une musique accueillante, sans posture, qui se présente comme le plus grand carrefour d’influences pourvu que le groove soit sorcier et le gimmick imparable. Des guitares étincelantes, qui marquent le tempo et font avancer la machine mélodique et des chœurs qui ensoleillent cette envie irrésistible de danser, c’est toute l’énergie live concentrée dans un disque de studio.

Extrait de « Wallpaper »

Avec Concrete Knives, on ressuscite le plaisir des jeux sans frontières. On voyage dans la transe immobile. C’est un peu comme dans une jungle urbaine. La manche, New York, la goutte d’or, la Normandie ou Belleville qu’importe. On se fait surprendre par un morceau instrumental qui semble composé pour accompagner la danse des poissons rouges dans un aquarium de restaurant chinois. Puis on est saisi par le grand morceau du disque, un bout d’Afrique capturé par un combo de talking heads, de têtes qui parlent pour faire danser.

Extrait de « Africanize »

L’album de Concrete Knives s’intitule « Be your own king ». Etre son propre roi. C’était déjà le fantasme de ce groupe d’adolescents couronné dans une chapelle qui s’est libérée depuis longtemps de toutes les religions.

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