Vous évoquez ce matin la mémoire de Léo Ferré dont on commémore cette année le vingtième anniversaire de sa disparition, le 14 juillet 1993. Pour l’occasion le label Barclay publie l’intégrale des enregistrements studio de 1960 à 1974… 20 disques dont un, de chansons inédites et de versions alternatives.

Extrait de « Ni dieu, ni maître, ni fric » en duo avec Richard Marsan

C’est un duo, mais bien plus que cela. Cette chanson scelle en quelque sorte le compagnonnage extraordinaire entre Léo Ferré l’insoumis, indomptable animal artiste et Richard Marsan, son directeur artistique. Il sera le témoin et l’acteur bienveillant de la mutation pop de Léo Ferré. Nous sommes en 1970, la collaboration artistique entre celui qui se surnommait « Léo de Hurletout » et le groupe psychédélique Zoo donne un album.

Extrait de « La the nana »

Avec ce groupe de jazz rock progressif français, Léo Ferré entame une résurrection sonore et porte sa poésie écorchée au sommet d’une transcendance rimbaldienne. Pendant l’enregistrement avec le groupe Zoo il chante « c’est un cri perdu dans la rue » et il dit alors à Pierre Fanen guitariste du groupe : « Ce cri perdu, je veux l’entendre sortir de ta guitare ». Dans ce même album figure ce chef d’œuvre impressionnant « la mémoire et la mer » qu’il a écrit sur l’Île du Guesclin comme hanté par le fantôme de Jersey. Léo Ferré est dans une période extrêmement prolixe. Un an après ce disque pop, il publie un autre album fondateur qu’il intitule « La solitude ».

Extrait de « La solitude »

Cette version est une proposition alternative où les cordes ont été mixées plus en avant que dans la version finalement éditée. Entre janvier 1970 et décembre 1971, en trois albums et quelques 30 chansons, Léo Ferré écrit une œuvre à l’intérieur même de son œuvre déjà immense. C’est là aussi qu’en octobre 1970 qu’il enregistre un 45 tours avec deux chansons inédites dont le ravageant chef d’œuvre « c’est extra ». Ferré porte la mélancolie au somment de son art, mais il n’oublie pas d’être en résonnance avec les évolutions de son époque. Il écrit un texte hommage à l’émancipation de la femme, sur une musique commandée pour accompagner un film de Jean-Pierre Mocky que le réalisateur ne prendra jamais. Cela donnera « Ton style » dont l’intégral bonus offre une version alternative.

Extrait de « Ton style »

Leo Ferré dira « l’homme révolté ne peut être que seul ». 20 ans après sa disparition, l’héritage de ce poète est entier et miraculeusement intacte. C’est celui de tous les indignés qui vingt ans plus tard se sont levés.

Léo Ferré à qui l’on rendra notamment hommage vendredi 21 juin, puisque France Inter sera en direct de l’Olympia, dès 7H…

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Léo Ferré, l'intégrale

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