Vous saluez le retour de l’une des grandes figures du rock français, Little Bob, qui a sorti voici quelques semaines un best of double CD de 32 titres remasterisés. L’occasion de revenir sur cette figure pionnière du rock hexagonal.

Extrait de « Tango de la rue »

C’est l’histoire d’un rebelle dont le talent est inversement proportionnel à sa taille. Roberto Piazza fils d’un émigré italien s’installe au Havre à l’âge de 12 ans. Le rock, Vince Taylor, un premier groupe, Les Apaches, comme une comète dans le ciel des sixties avec un atterrissage au mythique Golf Drouot. Tout a commencé réellement en 1974 alors que la France souffre d’un Claude Françoïsme aigu et que lorsqu’il est question de rock, il est forcément progressif. Il était une fois Little Bob Story né sous influence maritime et grisâtre. Le Havre ressemble alors peut être un peu à Liverpool dans ses années là, sauf que le foot n’y fait guère d’étincelles. En revanche le rock des pionniers de Little Richard, le blues rock d’Eric Burdon forge sa conscience d’enragé. Dans un pays qui ne connaît alors que les émissions de variété des Carpentier et Guy Lux, Little Bob écrit l’histoire d’un jaillissement d’une génération de musiciens français intègres, épris de révoltes et d’un besoin de faire sauter la chape de plomb culturelle qui écrasait alors le pays.

Extrait de « Libero »

Libero, c’est le prénom du père de Little Bob, un immigré italien fuyant le fascisme qui s’épuisera à l’usine pour nourrir les siens. Ce n’est donc pas un hasard si Aki Kaurismaki a choisi cette chanson pour « Le Havre », son dernier film qui ravive la solidarité, la conscience ouvrière de cette ville et en fait, grâce au petit Bob, le Memphis français. D’ailleurs dans les veines de Little Bob coule aussi toujours le sang d’un bluesman authentique égaré dans le delta de ses racines imaginaires.

Extrait de « Never cry about the past »

Little Bob avait décidément du flair lorsqu’il a choisi d’accoler le terme de story à sa vie d’artiste. Une histoire devenue la mémoire du rock français écrite comme il se doit par un résistant, fier de sa position d’outsider. Résider en marge du modèle dominant. Pour rester sauvage et profond.

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